article paru le 07-09-2009
correspondance du Microcosme
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Solférino - L'heure est grave et la violence des débats au sein de nombreux conseils municipaux rappelle l'urgence qu'il y avait à clarifier la position du parti des primaires sur les ronds-points. De sources bien désinformées, réunis en séminaire autour de Martine Aubry, les plus grands experts ont pu formuler la nouvelle doctrine du parti socialiste en matière de rond-point. Car qu'est qu'un rond-point de gauche réformiste ? Nombre d'électeurs cherchaient une réponse à cette problématique trop souvent écartée par prudence et une certaine frilosité des débats politiques de fond.
Cette prudence ne s'est pas avérée être une tactique gagnante pour le PS qui l'a lourdement payé lors des élections européennes. L'IDOF (Institution Désinformation et Opinion Francophone) l'indique clairement dans son dernier sondage : 89% des électeurs de gauche qui n'ont pas voté pour le PS en juin 2009 ont préféré Europe écologie qui avait su affirmer clairement sa position sur les ronds-points.
Martine Aubry a donc repris la main et pour mieux préparer les élections régionales elle a décidé d'inviter les représentants de Ponts et de chaussons mais aussi les associations d'usagers de ronds-points, via l'Union fédérale des usagers de ronds-points (UFURP) à contribuer à fixer l'idéologie socialiste en la matière. Les recherches de Maximilius Dubonchoix ont été décisives à ce titre, notamment son ouvrage "Un rond-point est un point rond", 2008, Plon (124 €).
Lors de la conférence de presse organisée à la sortie des 17 heures fructueuses de séminaire, Martine Aubry, radieuse, a pu expliquer le renouveau du concept de rond point de gauche officiellement adopté par la direction du PS : " Un rond-point est de gauche si la priorité est accordée à la gauche. Cela signifie donc que ceux qui sont déjà engagés, ont l'avantage et la priorité. Les nouveaux entrants doivent donc attendre."
Stupéfaction dans les rangs de la presse, surprise par l'approche novatrice."Hé oui, c'est l'université de la Rochelle qui porte ses fruits...", triomphe la première sectaire du parti socialiste, qui poursuit "nous devons encore travailler et définir plus précisément ce que sont les ronds-points de gauche durable. Nos premières réflexions nous conduisent à penser que c'est un rond-point qui rejette 4 fois moins de CO2 que les ronds-points de droite. Ce qui fait sens puisque les 4X4 et autres SUV, véhicules typiquement de droite version nouveau riche, ne prennent pas les ronds-points de gauche trop étroits pour eux. D'ailleurs, l'étroitesse de nos ronds-points de gauche réformiste interdit aux camions de type communiste pro-industrie d'y accéder aussi. Et nous allons coller une taxe carbone sur les 32 tonnes..."
Les questions se multiplient alors, le vent du renouveau souffle sur la salle de conférence, certains journalistes lèvent le poing révolutionnaire en signe de solidarité. Quelque chose a donc changé. Martine Aubry conforte alors son avantage : "vous aurez remarquez qu'un rond-point de gauche réformiste est surtout fréquenté par des véhicules de marque Volvo." "C'est bien vrai !", admirent en choeur les journalistes. Puis Martine Aubry enfonce le clou : "un rond-point de gauche réformiste n'est fréquenté que par des Volvo qui avancent dans le strict respect de la limitation de vitesse... ce qui certes ne va pas bien vite, mais limite les accidents mais pas les invectives."
C'est alors que la question des alliances de ronds-points est inévitablement arrivée : "quid de vos alliances ?", lance un journaliste, subjugué. Martine Aubry retrouve alors sa férocité et toute sa combativité : "les appels de phares des Renault Espace, type Modem familles nombreuses avec enfants habillés en bleu ciel, tournent en rond ! Et ne me parlez pas du NPA : ils prennent nos ronds-points à vélo à contresens...absurde : mais qu'ils le disent clairement, ils ne veulent pas tourner en rond avec avec nous..."
La position des partisans de Jean-Luc Mélenchon n'échappe pas aux critiques affûtées de la future organisatrice des primaires : "ils ont voulu aller trop dite et trop droit, ils se sont encastrés dans le terre-plein central, et depuis ils ne savent plus dans quelle direction se dégager".
Le présidentissime Nicolas Sarkozy n'a plus qu'à bien se tenir : les socialistes sont bien de retour, au plus près des préoccupations des Françaises et des Français.