article paru le 03-11-2009
correspondance du Microcosme
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Après la sensation "She Wolf", Shakira nous livre le deuxième clip de son nouvel album, avec "Did it again". Rappelons que la Colombienne de 32 ans, propulsée star en Amérique du Sud, est passée opportunément à l'anglais il y a huit ans pour s'exporter, notamment en France, terre d'accueil et d'asile chaleureux. Shakira n'a pas hésité à déclarer sa flamme à Paris : "Je m’y sens comme à la maison. Paris est l’une des plus belles villes du monde. Et puis j’adore votre cuisine au Reblochon, au fromage qui pue et au foie gras, fruit d'un long gavage traumatique d'oies emprisonnées, typique de votre grand sens de la torture psychologique... votre identité nationale est formidable", a-t-elle indiqué, enthousiaste à Jean-Maurice Dubonchoix, sous-préfet détecteur d'identité nationale française.
Las. Plus sexy que jamais, Shakira, dans son dernier clip, se livre à une sorte de combat de tigresse sur un lit. Une fois de plus, elle prouve qu'elle aurait pu aisément être championne de gymnastique, ce qui manque en France au moment des jeux olympiques et aurait pu constituer un atout décisif pour être digne d'intégration nationale. Mais Shakira laisse percer ses penchants pour le Kâma Sûtra, ce qui nous renvoie à des pratiques que la morale nationale réprouve et à une culture identitaire qui n'est pas la nôtre.
En France, le sexe est propre et honnête, il n'est pas sujet à contorsions. Le morceau de musique qui accompagne son clip a par ailleurs des accents pop et électro. "Did It Again" s'inscrit dans la droite lignée des opus aux sonorités taillées pour les pistes de danse du sud et de l'orient. Nous sommes donc très loin de la bourrée auvergnate ou de la gavotte bretonne. Décidément, Shakira est mal orientée en matière d'identité nationale française, même si par ailleurs, elle ne fait pas de politique tout en ayant bien entendu adhéré à l'UMP.
Persistante, elle a voulu faire la preuve de son identité nationale française en se soumettant au test d'identité nationale élaboré par Jean-Maurice Dubonchoix. Nous pouvons révéler en exclusivité la question sur laquelle elle a lamentablement chuté. A la question "David Trézéguet doit-il rejouer en équipe de France ?", la malheureuse candidate a répondu "oui, car il marque des buts", croyant sans doute faire un clin d'oeil habile à Carla Bruni. Grave erreur. La réponse est rédhibitoire. Et cette question est éliminatoire : David Trézéguet, d'origine argentine, parle un français très approximatif, n'a jamais chanté la Marseillaise en compétition officielle sachant qu'il n'en connaît probablement pas les paroles. Par ailleurs, il marque plus de buts en Italie qu'en France, signe d'une adhésion fallacieuse au projet footballistique national.
Shakira a bien fait valoir qu'elle avait tourné sa dernière vidéo dans une cage, métaphore subtile pour évoquer la libération de la femme : "allons-nous continuer à construire des cages autour de nous ?", se lamente-t-elle. Le cri est poignant : "ma vie est une cage, la France, c'est la Liberté".
Emu aux larmes, Jean-Maurice Dubonchoix n'a pourtant pas cédé. L'identité nationale ne se mérite pas comme ça.