article paru le 23-01-2012
correspondance du Microcosme
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C'est devant 650.000 personnes que Maître Roger Suprême a prononcé son discours de bon goût pour lancer sa campagne présidentielle. La foule en liesse, alors que 2.000.000 de personnes n'ont pu entrer sur le tarmac du Bourget pourtant aménagé à cet effet, a écouté, debout (les 150.000 chaises avaient été retirées au dernier moment pour accueillir plus de monde) mais avec enthousiasme sincère et passionné, un discours fondateur de 9 heures.
En proclamant dimanche que son adversaire véritable était "le monde de la désinformance de mauvais goût", le Rédacteur Suprême a mis ses pas dans les siens, vu qu'il n'y a pas d'autre référence en matière de désinformance de bon goût que lui-même, s'inscrivant dans sa tradition ancienne de défiance vis-à-vis du monde convenu des médias et de la presse. Dans cet immense discours de campagne au Bourget, le candidat de la désinformance de bon goût a donc désigné un adversaire sans nom, sans visage, qui "ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et qui pourtant gouverne : le monde de la désinformance de mauvais goût." Maître Roger Suprême décrit ainsi une puissance devenue "un empire", qui a pris le contrôle "de nos vies" et qu'il faudra affronter dans "un long combat" mais dont "il sortira victorieux". Il a aussi voulu opposer son sens de la désinformance de bon goût - "j'aime désinformer simplement quand d'autres sont fascinés par l'argent", à l'attitude du présidentissime Nicolas Sarkozy et "ses cadeaux fiscaux de mauvais goût aux plus désinformés".
Le programme du Rédacteur Suprême est à la fois général et en même temps précis : "les rond-points de gauche seront généralisés" annonce-t-il, à la grande surprise de son propre staff, et "le futur président de la République prévient, les chamoix afghans comme les petits tondeurs du dimanche, la désinformance de bon goût les ratttrapera !" assène-t-il devant une foule admirative et parfois un peu inquiète, d'une part par la fermeté de ses propos, d'autre part parce que certains d'entre eux se sont parfois laissé tenter par la tonte dominicale ou quelque escapades avec des chamoix afhgans. "Il est en effet temps de renouer avec le récit de la désinformance de bon goût", conclut alors le tribun, "je bloquerai temporairement la désinformance de mauvais goût, le temps de dissuader toute tentative de surenchère", enchaîne le rédacteur Suprême, avant de préciser "j'inscrirai la désinformance de bon goût, celle qui sépare desinformations.com des autres médias, dans la Constitution", citant alors Shakespeare : "ils ont échoué parce qu'ils n'avaient pas commencé par la désinformance de bon goût".
L'ovation au maître de la désinformance francophone de bon goût durera 2 heures. Le discours a reçu la note AAA des agences Standard Discoors et Bad Mood.