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Bertrand Delanoë victime d'une illusion statistique

correspondance de Guernesey
publié le 07-10-2002

Le malheur frappe toujours deux fois : c'est à ses dépends que Bertrand Delanöe l'a appris après l'agression à l'arme blanche dont il a été victime cette nuit. Interrogé sur son lit d'hôpital, le gai luron de Paris s'étonne encore de la terrible Nuit Blanche qu'il vient de passer : "je ne comprends pas", a-t-il murmuré dans un râle, "les statistiques que le ministère de l'intérieur nous a passées sur la baisse de la délinquance parisienne depuis six mois étaient pourtant excellentes".

L'arme du crime
CC Wikimedia

Place Beauvau, on se refuse officiellement à tout commentaire mais on n'a pu laisser échapper en catimini "son étonnement qu'un parisien d'aussi longue date découvre subitement qu'une métropole planétaire comme Paris n'est pas exactement Bizerte".

Place de l'Hôtel de Ville, on est encore sous le coup de l'émotion : "j'ignorais qu'il y avait tant de voyous à Paris" nous confie Amédée, un militant des verts qui était venu profiter de la rave party organisée au pied du Bazar de l'Hôtel de Ville. Du coup, les organisateurs de nuit blanche s'interrogent quant à l'opportunité d'ouvrir les catacombes au public pour la prochaine édition : " nous devons en débattre entre nous dans le cadre de la démocratie directe. Nous ne voulons pas que notre initiative populaire sombre sous les coups de la plèbe".

La descente de la Bièvre aux flambeaux sera maintenue mais placée sous la haute protection du corps d'hommes grenouilles de la brigade fluviale de Paris et d'une équipe mobile de désinfection de l'Hôtel Dieu.

La police cherche des témoignages sur l'agression, mais dans le voisinage de l'Hôtel de Ville, outre la rareté des habitants, les voisins se font méfiants. "Ca fait 30 ans que j'habite ici", nous déclare Monsieur Robert B., habitant de la rue de la Verrerie, "et c'est pas une bande de jeunes de plus ou de moins qui va m'emmerder. La nuit, moi, je dors". Nombreux sont les voisins qui déclarent comme ce monsieur R. n'avoir pas même entendu les sirènes de la police ou des ambulances. "Je ne savais pas qu'il fallait veiller cette nuit", déclare Germaine R. gardienne d'immeuble rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, "sinon j'aurais pris mon caméscope, vous pensez bien !" Et Monsieur Robert B. de conclure "y en a des qui feraient bien de prendre exemple sur nous, la nuit, et de mettre la pédale douce, si vous voyez c'que j'veux dire"...

Dans le quartier du marais, l'association "Gai Camarades" se déclare affligée de ne plus pouvoir sortir en sécurité : "passées 3 heures du matin, essayez de trouver un noctambus, vous allez voir !", s'emporte Claude, une charmante jeune homme qui a voté Delanoë "pour pouvoir faire la fête toute la nuit, et c'est pas des petits trous du cul de banlieue qui vont nous casser la baraque, non mais tu l'as vu celle là avec son petit canif, piou piou, elle est complètement folle !"

Les réactions de soutien à Bertrand Delanoë ont été nombreuses et ont notera celle de Richard Berry qui a simplement déclaré : "c'est pas toujours joli, Paris, la nuit, ma p'tit' caille"...

Interrogé sur le sujet, Norton C.Ridewell, consultant en tout sur tout et expert généraliste international, "fait part de ses condoléances à M.Delanöe pour le drame personnel qui l'afflige" et "constate avec regret que malgré la beauté des chiffres, la violence urbaine demeure un fléau bien réel".

#Bertrand Delanoë | #statistique | #violence urbaine |

 

Correspondant à Guernesey

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