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La SNCF organise une épreuve de vivre ensemble pour cultiver l'esprit du 11 Janvier

du Rédacteur Suprême
publié le 18-02-2015

Alors que le gouvernement irresponsable invoque l'article 49-3 pour faire passer en force la loi Macron, montrant ainsi son incapacité à construire un projet qui rassemble tous les Français, d'autres acteurs de la vie publique apportent, eux, leur contribution à un vivre ensemble en crise. Le transporteur terrestre horizontal à horaires variables et tarification aléatoire, la SNCF, a lancé une expérience pilote aujourd'hui en interrompant la circulation des TGV entre Roissy et Massy, orientant ainsi des centaines de passagers incrédules vers le RER et le métro, avec pour destination finale mais incertaine les gares parisiennes pour une joyeuse pagaille. Notre rédacteur suprême, Maître Roger, a accepté bien volontiers de se mêler à la foule des anonymes qui ont participé à cette nouvelle aventure humaine et nous rapporte son témoignage exclusif.

Esprit du 11 Janvier
CC Wikimedia

"Vous n'imaginez pas les cris de joie unanimes, couvrant le babillement des enfants, quand soudain la voix suave mais ferme du contrôleur a annoncé que le TGV ne contournerait pas Paris mais qu'il faudrait prendre le RER jusqu'à Montparnasse", s'exclame, enthousiaste, Maître Roger, qui savait, lui, que le RER ne passe pas par la gare Montparnasse. Une joie redoublée quand les voyageurs à qui l'annonce a été faite quelques minutes avant l'arrivée à l'arrêt CdG 2 et qui s'étaient empressés de partager leur expérience avec les proches qui les attendaient quelque part ont vu leurs communications téléphoniques interrompues par la saturation des réseaux cellulaires et le passage dans les tunnels de ladite gare.

Grâce à la SNCF, le vivre ensemble s'est imposé et la solidarité s'est vite organisée. "J'ai proposé à ma voisine de l'aider à porter son gros sac", témoigne Maître Roger, la joue encore endolorie, car le vivre ensemble et les comportements de gentleman ne sont pas toujours compris.

La SNCF a poursuivi ses bienfaits, provoquant la joie indicible des voyageurs. "Ils nous ont dit que des agents nous accueilleraient à la sortie du TGV pour nous guider jusqu'au RER", se rappelle Maître Roger, pour qui l'épreuve du "gilet rouge" pour en moyenne 50 voyageurs en perdition et agglutinés était "une très belle entrée en matière pour le vivre ensemble, version les uns sur les autres".

Redoublant d'attentions pour ses voyageurs, la SNCF leur a ensuite réservé ses meilleurs sévices avec le RER B dont la vitesse a atteint des sommets sur ce parcours toujours redouté des banlieusards intrépides malgré eux. "Vingt-trois minutes, montre en main, entre La Plaine Saint Denis et la gare du Nord !" s'écrie Maître Roger, encore admiratif du record absolu établi "sans s'arrêter une seule secondes !" Ce qui a amené le temps de parcours entre CdG et Denfert-Rochereau à près d'une heure, sans annonce particulière d'incident voyageur, de régulation de trafic ou autre mouvement d'une certaine catégorie de personnel. Le Guinness des Records envoie ce soir ses inspecteurs sur place pour homologuer la performance.

Les voyageurs ont pu se rappeler, mais trop tard, que la correspondance à Denfert est en queue de train quand on vient du Nord, de même que celle de la ligne 6 quand on arrive à Montparnasse. Les survivants ont piétiné les plus faibles dans les escalators de la gare Montparnasse, avant de s'adonner à la course la plus folle en slalomant entre les figurants qui avaient été postés en masse entre l'arrivée desdits escalators et la voie numéro 7 où un TGV direct pour Bordeaux avait subi l'opération ultime dite de "la transmutation de l'omnibus".

C'est alors que les mieux adaptés se sont reposés, dans les effluves de la sueur et du déodorant bon marché en fin d'efficacité parce qu'il est déjà tard, avachis dans le premier siège du TGV, sans plus aucun respect ni pour les personnes âgées, ni pour le beau sexe qui n'avait plus rien d'admirable. "D'ailleurs j'ai retrouvé ma voisine, encastrée sous son gros sac, elle ne bougeait et ne respirait plus, c'était triste mais ainsi va la vie, ceux qui n'ont pas su s'adapter meurent les premiers, c'est aussi ça, la SNCF (NDLR : Sélection Naturelle par le Chemin de Fer)", analyse Maître Roger.

Ce soir, le transporteur à horaires variables et tarification aléatoire s'est déclaré "ravi" à la lecture du premier bilan de l'opération "Vivre ensemble" de ce jour : "il suffit de casser un caténaire à Massy et des centaines de gens renouvellent l'esprit de solidarité et de bienveillance du 11 Janvier", se satisfait Fréd Dubonchoix, manager de la D111 (Direction du 11 Janvier) à la SNCF, tout en reconnaissant toutefois que "il y a eu des pertes humaines, nous n'oublions pas les sacrifiés, celle qui est morte sous son sac à dos, celui qui a été piétiné dans l'escalator de Montparnasse, et aussi la mère de famille dont les enfants faisaient tant de bruit jusqu'à Roissy et dont on est encore sans nouvelles".

On aura aussi une pensée pour la malheureuse contrôleuse qui, après n'avoir pas souri quand Maître Roger lui a présenté son ticket de RER dans le TGV transmuté en omnibus, a été dévorée par des voyageurs affamés par les épreuves traversées.

#TGV | #11 Janvier | #vivre ensemble | #Roissy | #Massy | #Maître Roger

 

Rédacteur Suprême

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