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Crise du poussin cannibale :
Le point complet sur la crise

du Rédacteur Suprême
publié le 15-12-1999

Au début de l'année, trois éleveurs de poulets industriels bretons s'étaient trouvés confrontés à de véritables carnages dans leurs hangars. En atteignant un certain stade de maturité, environ un dixième des poussins se transformaient en poulets cannibales, dévorant leurs congénères en moins de deux heures puis s'attaquant entre eux.

Poussin refusant de manger ses graines
CC Flickr - Joseph Sardin

Les vétérinaires qui ont été consultés en premier lieu puis les experts des autorités sanitaires ont mis en cause les équipements des éleveurs, en particulier les conditions de climatisation, et aussi l'hygiène des hangars. Toutefois, soumis à une enquête approfondie, le troisième éleveur victime de la disparition brutale de 70% de ses poulets n'avait pu être mis en défaut. Il est néanmoins attaqué par l'industriel qui lui avait fourni les poussins : celui-ci l'accuse aujourd'hui de malveillance, de mise en danger de la vie d'animaux et d'"avicide" par imprudence.

L'affaire mériterait de rester confinée dans les pages de faits divers des quotidiens régionaux si le mal mystérieux des poulets n'avait pris une ampleur qu'aucun expert n'avait prévue. En effet, dans le plus grand secret, les autorités sanitaires ont constaté, après une période de quatre mois sans nouvelle manifestation, que non seulement de nouveaux cas sont apparus mais qu'il y a eu en plus une accélération sensible du phénomène.

Une cellule de crise a été constituée fin novembre à la DGAL (Direction Générale de l'Alimentation) et à l'AFSA (Agence Française de Sécurité Alimentaire) pour coordonner les recherches et les actions pour endiguer ce mal.

Dès la mi-novembre, ce sont au moins huit éleveurs qui sont été touchés avec la disparition d'au moins une de leurs production. Trois d'entre eux ont été atteints deux fois mais dans des hangars différents et pas en même temps. Selon nos sources, deux aviculteurs avaient même été attaqués par leurs poussins, l'un d'eux est toujours hospitalisé à Rennes dans un état critique.

Fin décembre, selon les estimations des experts, ce sont plusieurs milliers de poussins qui se sont transformés en cannibales sans que l'on ait aujourd'hui la moindre idée de l'origine de cette mutation.

Des analyses sont en cours de réalisation, entourées du plus grand secret, au sein des laboratoires de Ploufragan, près de Saint-Brieuc (Côtes d'Armor). Désinformations a souhaité se rendre compte sur place, et c'est un cordon de gendarmes qui a accueilli notre reporter le 30 décembre.

La préfecture de région à Rennes garde le silence, tandis que le Ministère de l'agriculture minimise la portée des événements. La crise a pourtant pris une dimension nationale avec l'apparition des premiers symptômes de cannibalisme chez dans la Bresse où un aviculteur est décédé suite à ses blessures.

De son côté, la Commission de Bruxelles, d'habitude si prompte à décréter des embargos, s'est refusée pendant tout le mois de novembre à commenter l'affaire. Un comité d'experts ne s'est réuni que le 28 décembre et a rendu public son verdict : l'équarrissage pour tous, avec pour seule recommandation de poursuivre les recherches sur les causes du cannibalisme des poussins.

Au nom du principe de précaution, les experts de Bruxelles ont conseillé à tous les pays européens producteurs de poulets de mener des recherches afin de déterminer s'ils sont eux aussi menacés par le cannibalisme des poussins.

L'affaire des poussins cannibales a donc connu un tournant décisif avec la décision du gouvernement, soutenu par les experts de Bruxelles, d'ordonner l'abattage de tous les poussins, poulets, poules et coqs vivant en France.

Le Ministre de l'agriculture a fait preuve d'un beau courage politique en ne démissionnant pas au plus fort de la crise. Il lui reste pourtant à mettre un terme à une psychose en même temps qu'à une crise alimentaire majeure, bien plus grave encore que l'affaire de la vache folle.

L'affaire des poussins cannibales laissera certainement des traces indélébiles dans l'esprit des consommateurs français. D'autant plus que la décision de "neutraliser le danger potentiel" a été prise sans qu'ai été rendue publique une explication rationnelle sur les origines de la maladie qui a frappé les poussins.

Le besoin d'information des consommateurs n'est donc pas satisfait et il sera difficile de restaurer la confiance dans nos poussins.

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Rédacteur Suprême

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