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Après l'évasion de Patrice Alègre, la peur gagne la ville rose

correspondance de Guernesey
publié le 23-06-2003

Nouveau rebondissement dans cette affaire, devenue en quelques mois la plus grande affaire criminelle de tous les temps : au moment où Patrice Alègre, emprisonné à vie pour cinq homicides et un viol, mis en examen pour six autres meurtres, objet d'une information judiciaire pour "viols, viols en réunion sur mineure par personnes majeures ayant autorité et actes de barbarie", paraissait sur le point d'avouer d'autres crimes encore plus graves, contre des jeunes filles et peut-être des enfants, et commençait à indiquer les noms de personnalités politiques, judiciaires et policières mêlées, selon lui, à des partouzes sado-masochistes, son évasion spectaculaire a mis toute la ville de Toulouse en émoi. La crainte des représailles y est littéralement palpable.

Ville rose
CC Wikimedia

C'est en fin de matinée, lors de son transfert vers la prison de Seysses en banlieue de Toulouse, que Patrice Alègre a pu échapper à la vigilance de ses gardiens en raison de l'arrêt impromptu du convoi judiciaire pris sous un feu nourri d'armes automatiques et de tirs d'obusiers de campagne. "Manifestement, Patrice Alègre a bénéficié de complicités extérieures pour organiser son évasion" a déclaré Georges Surement, le commissaire général de Toulouse.

Rideau de fer baissés, passants rares et apeurés, habitants cloîtrés, circulation automobile interrompue, l'atmosphère délétère qui régnait depuis plusieurs semaines à Toulouse s'est alors transformée en climat de terreur, plongeant la ville dans un état de siège, où chacun s'est mis à craindre pour lui ou pour sa famille, de croiser le tueur au prochain carrefour.

A titre préventif, le préfet a ordonné la fermeture des écoles primaires, des collèges et des lycées tandis qu'une importante battue de la gendarmerie était organisée pour tenter de retrouver l'évadé le plus recherché de France. Des rondes de ravitaillement ont été mises en place par les autorités toulousaines tandis que Médecin Sans Frontière installait des hôpitaux de campagne mobiles en vue d'accueillir les premières victimes du tueur.

Vers 16h, des coups de feu ont été entendus par de nombreux témoins vers la gare Matabiau, d'où l'on a vu surgir le juge Trempé, qui arrivait de Paris par le train de 15h55 pour assurer le "recadrage de l'affaire Alègre". Le magistrat s'en est sorti "indemne" selon les quelques témoins qui n'ont pas été incarcérés, mais un groupe d'hommes et de femmes dans des tenues en cuir noir a été aperçu fuyant à bord d'une camionnette en direction de l'hôtel de l'Europe.

Venu à Toulouse pour succéder au juge Volff, démis de l'affaire "pour raisons familiales", le juge Trempé s'est alors "étonné d'un tel accueil", mais a déclaré penser que "les débats reprendraient rapidement leur sérénité après avoir fait le point de la situation avec ses collègues magistrats et gendarmes".

La suite des événements ne lui en a pas laissé le temps, l'hélicoptère de la gendarmerie s'étant écrasé à quelques centaines de mètres du tarmac de l'aéroport de Blagnac, après avoir essuyé un tir de missile sol-air. Le piloté est décédé et trois gendarmes ont été transportés dans un état critique à l'hôpital Joseph Ducuing. Compte tenu que le pilote n'avait pas renouvelé sa licence de vol, le juge Trempé envisage de requalifier les faits en "accident de la route".

Finalement, en fin d'après-midi, Dominique Baudis aurait été aperçu dans une tunique rose courant le long des murs du Capitole en criant "au loup !", poursuivi par Jean-Michel Baylet qui brandissait un code pénal, tandis qu'une jeune fille du prénom de "Fanny" semblait vouloir se porter à son secours. C'est finalement l'intervention d'un couple de touristes étrangers, Djamel et Patricia, qui a permis de sauver la vie du président du CSA. Suite à leur interpellation, les deux tourtereaux ont expliqué leur geste au remplaçant provisoire du juge - le juge Trempé ayant été rappelé à Paris dans l'intervalle pour motifs personnels - en déclarant "avoir un vieux compte à régler avec la France d'en haut" et se sont constitués partie civile. Michaël Jackson a alors immédiatement porté plainte contre eux, pour "entrave à la liberté des relations entre particuliers", évoquant le caractère particulier des contacts humains entre le président du CSA et le PDG de la Dépêche du Midi.

A l'issue de cette éprouvante journée, le corps sans vie de Patrice Alègre a été retrouvé lesté de plomb dans la mare où deux de ses victimes, les jeunes filles Line Garibaldi et "La puce", avaient été noyées par le tueur en série. Le corps portait plusieurs dizaines de coup de couteau à l'abdomen et 3 impacts de balles. La police a immédiatement songé au suicide "compte tenu de l'état de santé précaire et dépressif dans lequel vivait Patrice depuis le début de son procès".

Le seul indice trouvé sur les lieux, une carte d'immunité parlementaire a été classé "irrecevable" par les enquêteurs qui déclarent ne voir aucun lien entre un tel document administratif officiel et la mort d'une crapule des bas-fonds toulousain. Un jeune enquêteur fraîchement sorti de l'école de police, et manifestement en prise au bizutage de la part de ses collègues, a même été dépêché à Paris pour rendre ce document à son propriétaire.

Cette journée mémorable pour Toulouse a pris fin tard dans la nuit avec l'incarcération de Dominique Baudis, témoin de la fusillade de l'évasion du matin et accusé de faux témoignage, escroquerie à l'assurance (la fourgonnette du transfert qui appartenait à la mairie de Toulouse aurait été déclaré volée il y a plusieurs années selon le juge d'instruction), et dénonciation de crime imaginaire pour avoir indiqué aux enquêteurs avoir aperçu Patrice Alègre s'enfuyant par l'autoroute de Tarbes.

Au commissariat de Toulouse, on dit "ne pas connaître ce Patrice Alègre". Même silence du côté du CSA dont un proche bien désinformé nous a indiqué de nous rapprocher de la famille Baylet "à toutes fins utiles". Karl Zero a été appelé en renfort de la rédaction de Désinformations.com qui a dépêché sur place une équipe spéciale de désinformateurs professionnels pour tenter d'y voir clair.

Jamais en reste de suivre ses concurrents, TF1 a quant à elle monté une société de production exclusive qui va ouvrir une nouvelle page de la téléréalité avec l'émission "Dallas en pays de cocagne", tandis que France 2 prépare une grande enquête médiatique sur Toulouse durant l'occupation, qui sera diffusé à la rentrée. Contacté par téléphone, le rédacteur en chef du Monde a estimé "inutile, dans le contexte budgétaire actuel, de dépêcher un envoyé spécial sur place à propos d'une affaire où seule compte la rhétorique de l'écriture pour faire jaillir la vérité".

Interrogé sur le sujet, Norton C.Ridewell, consultant généraliste international et expert en tout sur tout, docteur ès imbroglios politique et judiciaire, estime "qu'en tant que seul organe de presse diffusant des informations certifiées totalement fausses, Désinformations.com n'a pas à s'inquiéter des colères du président du CSA qui ne craint que la vérité".

Excédé par ces accumulations de "calomnies hallucinantes" comme il les qualifie lui-même, Dominique Baudis, rasséréné depuis la disparition du "tueur affabulateur" et retrouvant son habit de président du CSA, a souhaité "faire taire la rumeur définitivement" et s'est exclamé dans un mégaphone géant du sommet du Capitole : "SILENCE, ou je fais évacuer la ville !"

#Toulouse | #Patrice Alègre | #partouze |

 

Correspondant à Guernesey

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