article paru le 01-12-2003
correspondance des Palais de Justice
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Le gouvernement Raffarin, devant la fronde des buralistes suite à l'augmentation du prix du tabac, a décidé d'accorder une autorisation exceptionnelle à certains buralistes frontaliers de vendre du cannabis.
Cette décision fait suite à une étude très pointue des renseignements généraux portant sur des fumeurs demeurant près de la frontière espagnole : il s'est avéré que les fumeurs passaient allègrement la frontière pour s'approvisionner non seulement en tabac mais aussi en cannabis. L'Espagne a en effet dépénalisé la consommation de stupéfiants.
Afin de compenser le manque à gagner des buralistes frontaliers dû à la fuite de la clientèle vers l'Espagne, le gouvernement a donc décidé de les autoriser à vendre du cannabis : "ce produit d'appel, très prisé des jeunes, permettra aux buralistes de dégager un chiffre d'affaire largement comparable à celui qu'ils réalisaient avec le tabac et l'Etat économisera ainsi d'importantes subventions", s'est félicité Jean-Pierre Raffarin.
Seul le plus petit flic de France, Nicolas Sarkozy, a émis des réserves sur l'applicabilité de cette mesure tant que la France ne dépénalisera pas la consommation de stupéfiants : "en l'état de la législation, a-t-il déclaré, le consommateur pourra acheter du cannabis dans un bureau de tabac mais ne pourra pas le consommer sans tomber sous le coup de la loi. Une refonte du code pénal s'impose".
Le syndicat de la magistrature s'est dit choqué par cette nouvelle mesure gouvernementale qui a été prise sans aucune concertation avec les magistrats et qui est en totale contradiction avec la politique pénale de la France. La consommation de stupéfiants est en effet passible d'un an d'emprisonnement tandis que le vendeur encourt 10 ans de prison.
Les professions de santé sont également hostiles à cette mesure, soulignant que le cannabis, en termes de cancer, est aussi dangereux que le tabac.
En voulant satisfaire les buralistes il semble donc que le gouvernement se soit attiré les foudres du pouvoir judiciaire et des professions médicales.
Selon Roselyne Bachelot, il n'est pas exclu que le gouvernement revienne sur cette disposition.

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Correspondante dans les Palais de Justice
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