@desinfopointcom
credit33.fr

Lutte contre la pauvreté : le rétablissement de l'esclavage favoriserait la compétitivité des entreprises

correspondance de Saint Soluteur les Turins
publié le 09-02-2004

Selon des sources bien désinformées, des dirigeants d'entreprises et le Ministre de la Sécurité des Affaires Sociales ont présenté au gouvernement "un projet d'action de réforme" intitulé "Redéfinir l'esclavage : un projet de lutte contre la pauvreté , un nouveau pas vers l'excellence".

Aller chercher la main d'oeuvre pas chère là où elle se trouve...

Interrogé par nos services, Jean-Marc Dubonchoix, co-rédacteur du document met tout de suite les choses au clair : il ne s'agit pas de rétablir l'esclavage "à l'ancienne" fondé sur l'exploitation contrainte du travail de prisonniers, "c'est un offre aux entreprises fondée sur le volontariat, tant de part des entrepreneurs que de la part de ceux qui leur cèdent leur force de travail".

L'idée est simple : tout volontaire peut mettre en vente ses capacités de travail, à vie, à un employeur qui en échange le nourrira, le logera, et fournira une somme forfaitaire d'argent de poche, allouée selon des conventions propres à chaque branche professionnelle où à chaque entreprise. L'employeur devra fournir des soins médicaux aux personnes embauchées. Des protocoles d'esclavage à temps partiel seraient envisageables pour les personnes souhaitant élever des enfants. Les enfants, bien que logées par l'entreprise, ne lui appartiendront pas : l'entreprise pourra les acheter, à partir de leur seizième année.

Conformément aux traités sur les Droits Humains, les esclaves ne donnant pas satisfaction à leur entreprise seront protégés de tout châtiment corporel, mais ils pourraient, moyennant le paiement à leur entreprise d'une "prime de compensation" (payable à tempérament) être affranchis, et réinsérés dans le système "habituel" du travail salarié ou du RMI.

Un tel projet aurait-il une chance de fonctionner ? Oui, disent les auteurs du projet. Par exemple, des travailleurs modestes et sur-endettés pourraient se vendre à une entreprise moyennant le rachat de leurs dettes. Pour de telles personnes, le "nouvel esclavage" serait une façon efficace et honorable de se sortir d'une situation, qui dans l'état actuel de notre société, est désespérée.

Selon les auteurs de la proposition, le rétablissement de l'esclavage va promouvoir la compétitivité des entreprises françaises en leur permettant de lutter contre la concurrence industrielle des pays du tiers monde. En outre, ce projet offrira une protection solide aux "gens de la France d'en bas" contre la précarité, puisque les esclaves ont du travail pour la vie.

Cette mesure permettra aussi de résoudre le problème des retraites puisque les esclaves n'en bénéficieront pas. Nous avons rencontré Jean-Michel Quignon, anciennement ouvrier dans le textile, chômeur de longue durée, en attente d'une expulsion de son logement au printemps. Il nous a confié "« pour moi, leur projet d'esclavage volontaire, ça ne fait pas rêver, mais il faut garder les pieds sur terre : ça serait un moyen de m'en sortir". Etienne Montcassin, entrepreneur en conseil "all-to-one solution management" s'enthousiasme : on pourrait "enfin, rompre avec l'hypocrisie sociale et renouer avec la France qui gagne", mais aussi "donner aux entreprises les moyens pour lutter contre la pauvreté". Mr Montcassin pense qu'il faudrait néanmoins "donner un autre nom à ces nouveaux contrats de travail".

#pauvreté | #esclavage | #compétitivité

 

Correspondant à Saint Soluteur les Turins

lire tous ses billets

 

précédent : 08-02-2004

Alain Juppé sauve la vie d'un enfant

suivant : 10-02-2004

La liberté d'entreprendre soumise à autorisation administrative préalable

AUCUNE REPRODUCTION DE CE SITE N'EST AUTORISEE SANS L'ACCORD PREALABLE DU REDACTEUR SUPREME
© Désinformations.com | web-journal satirique 1999-2018 | contact | à propos des cookies | mentions légales