article paru le 07-07-2004
du Rédacteur Suprême
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Le futur ex président de l'UMP a annoncé sa démission imminente de la présidence du parti unique de la droite récemment réduit par le suffrage universel. Symbole d'une retraite bien méritée, Alain Juppé va mettre aux enchères ses mythiques bottes qui font rester droit en toutes circonstances.
On se souvient que, lors des premières tourmentes que lui avaient infligé juges et journalistes malveillants, l'ancien adjoint à la mairie de Paris avait chaussé une paire de bottes qui permettaient de ne pas vaciller sous le feu nourri des accusations.
Un épais mystère entourait pourtant depuis une dizaine d'années le secrétaire général du RPR : "je reste droit dans mes bottes", avait-il déclaré, alors qu'on ne l'avait jamais aperçu en ville qu'en Weston.
Les bottes qui permettent de rester droit étaient donc invisibles ? Le grand homme ne les mettait-il que dans la plus stricte intimité pour se laisser aller à des tentations inavouables ? Ou encore avait-il laissé ses bottes à Venise ?
A la sortie de son Bureau Politique d'adieu à l'UMP hier soir, Alain Juppé a refusé de nous en dire plus, promettant toutefois "des révélations" lors de la vente qui aura lieu chez Drouot à la mi-septembre. Le secret des bottes-à-tenir-droit sera enfin percé à la faveur d'une vente aux enchères exceptionnelle lors de laquelle d'autres souvenirs de la grande époque du RPR seront mis en vente, tels que le brouillon original de l'appel de Cochin, le stylo magique de Xavière Tibéri (connu des experts sous le nom "une phrase, deux fautes") ou le bail de l'appartement que le fils Juppé louait à la Mairie de Paris pour une bouchée de pain.
De nombreux acheteurs, collectionneurs ou simples nostalgiques du RPR, se sont d'ores et déjà déclarés "intéressés" par cette vente aux enchères : Roland Dumas, connu pour son goût de la chose chaussante, ferait une infidélité remarquée à Berlutti ; notre expert Paul-André du Taillan-Bourgueil se déplacerait lui aussi chez Drouot pour acquérir "les bottes symboliques qui conviennent si bien aux pieds de l'homme de droite".
C'est toutefois l'ex juge Halphen qui semble avoir le plus de chances de l'emporter : récemment converti à la cosmologie du karma après un voyage au Kalashnistan, Eric Halphen a déclaré être convaincu que "les bottes de Juppé peuvent raconter par le menu tout ce qu'il faut savoir sur le financement du RPR" et "être prêt à offrir n'importe quel prix pour les acquérir".
La justice, qui reprendra le cours les instructions aujourd'hui suspendues à l'encontre de Jacques Chirac, disposera en 2007 de témoignages de première importance, puisque l'ex juge Halphen est disposé à "faire parler les bottes en tant que témoins assistés".
En mettant ses bottes en vente, Alain Juppé remettrait donc en cause sa légendaire fidélité à l'homme fort de l'ancien RPR. L'équilibre de la Cinquième République ne tient plus qu'à une semelle.