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La vie après Bâle II

du Rédacteur Suprême
publié le 09-02-2005

Les éditions "Découvertes et initiations financières" annoncent la sortie cette semaine d'un livre sur "la vie des cadres après la réforme de Bâle II". Cette véritable somme est à la fois un vade-mecum traitant des astuces pratiques pour mieux vivre le ratio McDonough au quotidien, et un guide thérapeutique de l'accompagnement psychologique qu'il sera indispensable de mettre en place.

Peut-on quitter Bâle ?
CC Flickr - Thomas

Ce livre a été écrit par Elisabeth Dubonchoix, experte reconnue au plan international comme l'une des gourous francophone de la réforme des ratios prudentiels, qui vient d'achever une longue mission de mise en conformité réglementaire au service de l'un des acteurs majeurs du marché du crédit européens.

Dès l'introduction de son livre, Elisabeth Dubonchoix pose la question qui tracasse tout un chacun depuis la publication du fameux CP3 ("Consultative Paper 3") : quelle vie ? et sous quelle forme ? Ce n'est pas tout, en effet, de vivre une réforme réglementaire aussi impactante que Bâle II, encore faut-il s'adapter, trouver la posture qui permettra d'appréhender efficacement le nouveau monde de la gestion des risques.

Quant à la forme de la vie future, "elle sera toujours et déjà trinitaire" avec le risque de crédit, le risque opérationnel et le risque de marché qui s'intégreront aux "piliers" de la réforme : mesure des risques, gouvernance et discipline de marché. "Ceux qui gagneront demain seront ceux qui auront réussi à intégrer à leurs business models les trois types de risques au carré, c'est-à-dire en intégrant dans leur vécu quotidien les trois piliers de la réforme", prédit Elisabeth Dubonchoix.

L'experte de la banque de l'après 2007 pourrait se limiter à cette démonstration exemplaire, riche d'exemples tirés du futur. Pourtant, elle va plus loin et explique aussi "comment vivre après", en énumérant une série d'astuces pratiques que les risk managers pourront s'approprier et qu'il serait malheureusement trop long de citer ici de manière exhaustive. Retenons simplement qu'il faudra en général "oublier", selon la formule promise à un bel avenir : "les fonds propres, c'est ce qui reste quand tout est perdu".

Madame Dubonchoix achève son livre sur un chapitre qui constituera à n'en pas douter le vade-mecum de l'accompagnement psychologique des risk managers de l'après 2007, consacré au challenge que représente la "sursomption durable des effets destructeurs du temps de travail passé avec des psychorigides" : il ne faut en effet pas négliger, selon elle, les séquelles qu'auront laissées sur le mental des "risqueurs", comme on les appelle dans le jargon, les dizaines d'heures à supporter des présentations PowerPoint absconses sur la modélisation de PD et LGD, les poussées de mauvaise foi des experts métiers lors des comités de projet Bâle II, l'inévitable série des réunions avec les comptables sur les impacts croisés de l'IFRS, ou encore les querelles d'apothicaires des Comités de Direction sur les conséquences de l'allocation des fonds propres sur la stratégie commerciale, sans oublier de gérer le stress laissé par le sous-projet "Datawarehouse Bâle" qui ne manquera pas de provoquer force déchaînements de passions et peut-être de suicides.

En point d'orgue du livre d'Elisabeth Dubonchoix, on appréciera la postface signée exceptionnellement par Patrick B., le secrétaire général de l'ARME (Association des Risk Managers Européens), qui élargit le débat d'une manière magistrale : "peut-on travailler en mode projet sans sombrer dans l'alcool ?", demande celui qui revient justement de sa troisième cure de désintoxication.

#Bâle | #McDonough | #psychorigide

 

Rédacteur Suprême

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