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TF1 et M6 lancent deux nouveaux concepts de télé-réalité sur le management

du Rédacteur Suprême
publié le 18-10-2005

Les deux chaînes culturelles privées viennent d'annoncer au même moment le lancement d'émissions thématiques sur le monde du travail, jusqu'à présent peu exploré par la télé-réalité. "Vis ma vie d'esclave" sur TF1 concurrencera "On a échangé nos managers" de M6.

Une image de l'esclavage
CC Flickr - equinoxefr

Cette nouvelle tendance inaugure, selon Fox T.Paddle, le célèbre expert du marketing one to one d'origine australienne, président de l'IDOF (Institut Désinformation et Opinion Francophone), "une nouvelle ère de la télévision post-moderne, plus axée sur les préoccupations immédiates des sujets sociétaux téléspectateurs". Alors que la télé-réalité non artistique comme Star Ac' ou la "Nouvelle Star" a beaucoup joué sur le décalage rêve et réalité ("Loft Story", "Koh Lanta"...), ou donné une image caricaturale de la vie domestique ("On a échangé nos mamans", "Super Nany"...), les prochaines émission de TF1 et M6 joueront sur la mise en scène de salariés ordinaires jetés dans des situations que tout un chacun peut connaître dans sa vie réelle.

La nouvelle émission de TF1, "Vis ma vie d'esclave", permettra à des individus incompétents de découvrir le travail de ceux qui supportent habituellement leur incompétence. Dans le premier numéro, le héros est un médecin d'une entreprise spécialisée de désamiantage, auteur de rapports concluant aux morts prématurées "par coïncidence" de cinq ouvriers des suites de cancers de la plèvre foudroyants. Il devra accomplir le travail de désamiantage sans protection. "Nous voulons provoquer des sentiments de haine", nous explique Emilie Dubonchoix, responsable du casting chez Endemol, "en choisissant des personnes dont le métier est respecté mais souvent dénigré, comme les médecins, les DRH ou les contrôleurs internes, nous jouons la carte de l'attirance – répulsion qui sommeille en chacun de nous".

Exemplaire, ce premier numéro se termine par une scène où le médecin écrit à ses proches une lettre d'adieu avant de se tirer une balle dans la tête. Notons que la caméra, discrète, ne montre pas le moment très personnel où l'homme se suicide. "C'est aussi ça, la télé-réalité d'aujourd'hui", se félicite-t-on à TF1, "le bon goût et la pudeur ne sont pas les ennemis de l'audience".

Quant à M6, elle jouera sur la dynamique du contre-emploi, si drôle à la scène comme à la ville. Un manager atypique et brillant sera remplacé pendant une semaine par une personne, issue de sa propre entreprise, que tout le monde s'accorde à reconnaître comme son exact contraire.

Le premier cobaye de "On a échangé nos managers" est Patrick B., le secrétaire général de l'ARME (Association des Risk Managers Européens). A la fois admiré et craint par ses collaborateurs, il pratique depuis des années un management fondé sur la terreur que légitiment des capacités intellectuelles inhabituelles parmi ses pairs. Homme de gauche polymorphe, il aime à faire régner l'ordre dans son équipe, en impulsant un rythme de travail effréné qui permet à celle-ci de respecter les délais au détriment de la qualité des livrables, tout en sachant transmettre son stress et en étant l'indispensable compagnon des pots au travail dont il finit toujours les bouteilles.

Obsédé à chaque heure par son plan de carrière, le compte de résultat consolidé de son groupe et la simulation des impacts Bâle II sur les fonds propres à l'horizon 2009, Patrick B. est remplacé pendant l'émission par un manager qui n'a jamais eu de délai à respecter, qui n'a aucune idée de ce qu'est un compte de résultat en normes IFRS, qui cultive à la fois la nonchalance du gourou et un management paternaliste de proximité qui le conduit à recruter des collaborateurs à potentiel durable et point trop contradicteurs.

L'émission de M6 montre sans complaisance les coulisses de l'échange de managers, avec les commentaires désobligeants des deux protagonistes au long de la semaine que dure le jeu. Aucune crise de larme des nouveaux collaborateurs de Patrick B. n'est cachée au téléspectateur, tandis que sont montrés et analysés profondément les fous rires provoqués par la consommation de cannabis qui s'installe bientôt dans son équipe.

A la fin de l'émission, les collaborateurs doivent voter pour le manager qu'ils préfèrent. Si ceux qui ont subi Patrick B. pendant une semaine sont tous grippés ou dépressifs et n'ont donc pas joué le jeu du vote, ses collaborateurs sont unanimes pour crier leur préférence définitive pour le manager terroriste. "Il sait ce qu'il veut et c'est bien", explique Franck ; "lui, il n'a pas oublié qu'il me devait un café parce que j'avais sorti mon premier reporting juste de l'année avant le 15 septembre", admire Isabelle ; "avec lui, les normes IAS sont simples alors que l'autre nous a abandonnés comme des baleines échouées à la pointe de La Torche sur la côte bretonne", conclut Fabienne, qui avait démissionné de l'entreprise à cause des cadences infernales mais a finalement contacté sa DRH pour revenir sur cette décision, tant elle dit avoir compris "qu'on sait ce qu'on perd mais pas ce qu'on subira demain".

Selon Fox T.Paddle, ces émissions sont à l'image de ce que ces jeunes salariés disent de leur milieu professionnel, "sévère mais juste". Le président de l'IDOF prédit le succès de ces concepts. Selon Norton C.Ridewell, consultant et expert en tout sur tout, les marchés doivent anticiper une croissance de 35% avant fin 2005 des revenus publicitaires de TF1 et M6 sur les créneaux horaires concernés.

#TF1 | #M6 | #télé-réalité | #management |

 

Rédacteur Suprême

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