
20-05-2008
du Rédacteur Suprême
On apprend aujourd'hui de source bien désinformée que Nicolas Sarkozy a décidé de supprimer le bac de philosophie dès ce mois de juin et l'enseignement de la philosophie au lycée à la rentrée prochaine. Cette réforme s'inscrit dans une logique de simplification du dispositif éducatif et représente la première pierre d'une réforme plus globale de l'enseignement secondaire.
"La philosophie ne présente aucune valeur ajoutée pour relever les défis de la mondialisation ", a analysé Nicolas Sarkozy lors d'un séminaire interne avec les trois ministres concernés (justice, travail et économie) et le délégué du Medef à l'Elysée.
Toutes les études produites secrètement pour les besoins de ce séminaire le prouvent : les philosophes ne produisent rien de concret et n'apportent pas de contribution à la croissance du PIB. Pire encore, comme l'a rappelé le représentant du Medef, "plus les salariés réfléchissent et moins ils sont flexibles". Or, la philosophie est l'un des enseignements qui amènent les jeunes adultes à réfléchir sur le monde et à développer leur esprit critique, entre autres perversions connues.
"Un salarié qui réfléchit menace la croissance", ont définitivement arbitré les ministres réunis en séminaire par Nicolas Sarkozy, et celui-ci a aussi souhaité étendre l'analyse au champ politique qui lui est plus familier : "s'il n'y avait eu que des intellectuels dotés d'un sens critique aigu parmi les électeurs de mai 2007, je n'aurais jamais été élu".
Fort de l'unanimité qui s'est dégagée dans son bureau, Nicolas Sarkozy a donc pris la décision de supprimer à la quasi dernière minute l'épreuve du bac de philosophie 2008, "étant donnée l'urgence de la situation". L'enseignement de la philosophie sera classé désormais parmi les armes de destructions massives : le petit président de la France réussit donc où son homologue G.W.Bush a échoué malgré les efforts déployés durant ses deux mandats.
Cette mesure va bien entendu favoriser le plan d'économie de l'Education Nationale puisque les départs en retraite de professeurs de philosophie ne seront légitimement pas remplacés, permettant d'atteindre sans conflit l'objectif des 11.000 postes qu'il est prévu de supprimer à la rentrée 2008. Les professeurs de philosophie encore en exercice se verront proposer une préretraite à 30% de leur traitement actuel – non cumulables avec le RMI – pour les plus âgés (à partir de 39 ans révolus) et, pour les plus jeunes, un emploi "correspondant à leur qualification" est prévu dans une branche industrielle en Chine.
Le don des philosophes français à la Chine a été négocié par Jean-Pierre Raffarin lors de son récent voyage diplomatique dans l'Empire du milieu, où ses interlocuteurs ont donné "de sérieuses garanties" quant à l'expertise chinoise séculaire de la "remise à niveau social adéquat des intellectuels improductifs".
Poursuivant son oeuvre d'éradication de toute forme de liberté en France, Nicolas Sarkozy a convoqué la semaine prochaine les mêmes ministres et délégué du Medef pour "réfléchir" sur le sort à réserver aux professeurs d'histoire, une matière devenue parfaitement inutile puisque chacun sait que l'histoire de la France n'a commencé qu'à partir de son élection le 6 mai 2007, et celle de l'Europe quelques semaines plus tard avec le Traité Simplifié.
La Chine ni aucun autre pays émergeant n'ayant proposé de solution, une installation massive de nos historiens sur l'île de Pâques serait envisagée.

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