
09-11-2009
correspondance du Microcosme
Berlin - «Souvenirs de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989» : la note postée dimanche en début d'après-midi sur la page Facebook du président de la République, à la veille de son déplacement à Berlin pour les cérémonies du vingtième anniversaire de la chute du Mur, fait polémique. Photo du mairissime de Neuilly-sur-Seine à l'appui, le texte indique que l'actuel présidentissime y est allé lui aussi de ses coups de marteau. Une belle image nocturne.
Rédigée par le co-ministre du gouvernement, Claude Guéant, en charge de sa page Facebook, la note raconte la journée : "le 9 novembre au matin, le présidentissime s'intéresse aux informations qui arrivent de Berlin et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l’Allemagne. Il décide alors de quitter Paris pour participer à l’événement qui se profile". Il aurait alors foncé vers Check Point Charlie pour forcer le passage côté Est de la ville, armé d'un marteau et de son courage.
Alain Auffray, journaliste chez nos confrères du quotidien Libération, conteste cette version : "L'histoire qu'on nous raconte ne tient pas debout", ose-t-il dire dans son article intitulé "Mur de Berlin : Sarko refait l'Histoire". Mais, dans un premier temps, comment ne peut-il admettre qu'il est de la responsabilité et du devoir du présidentissime de réécrire l'Histoire ? "Qu'est-ce que je dois faire ?", s'est interrogé le présidentissime Nicolas Sarkozy, "laisser une bande journaleux hirsutes post soixante-huitards écorner l'identité de la France ? Veut-on un nouveau mai 68, des rues à feux et à sang, avec des centaines de milliers de morts ? Non ! Il est de mon devoir d'assurer la sécurité du monde..."
Par ailleurs, notre équipe de désinformance peut témoigner de ce que le présidentissime Nicolas Sarkozy, bravant tous les dangers, était bien à Berlin le 9 novembre pour détruire, à lui tout seul, l'odieuse infrastructure en béton coupant la ville de Berlin en deux, entre liberté et totalitarisme. Kermit la grenouille était en effet sur place et témoigne : "vous pouvez me crôare, il était bien à Berlin le 9 novembre, marteau à main en train de démolir le mur sous la mitraille de la Stasi, foi de grenouille : ça bougeait de plus en plus à Berlin, les Allemands de l'est allaient peut être ouvrir le mur. Nicolas Sarkozy m'a appelé - Kermit, j'arrive - et est aussitôt arrivé".
Un peu sceptique, nous lui avons demandé pourquoi personne ne l'y avait vu : "il avait forcé les barrages et s'était enfoncé du coté oriental du mur... et comme le mur est beaucoup plus haut que lui, je suis le seul à l'avoir vu ; j'étais en effet alors en poste à Berlin est." Nous voilà donc complètement rassurés.
Une petite question subsite toutefois : que faisait le mairissime de Neuilly-sur-Seine du coté est de Berlin ? Kermit nous apporte immédiatement la réponse : "nous travaillions ensemble depuis plusieurs années à faire passer des clandestins en situation illégale sans papier du coté ouest... il était un espion infiltré derrière les lignes ennemies... il était un modèle de bravoure démocratique : vous pouvez être fiers de l'avoir comme présidentissime".
C'est le cas. Nous sommes tous nationalement fiers de nous identifier à notre présidentissime. Nous avons aussi naturellement porté plainte contre Alain Auffray pour "tentative déloyale et perfide de déstabilisation de notre courageux et héroïque présidentissime". Mis en garde à vue, le coupable encourt 30 ans de travaux glacés en Alaska.

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