article paru le 11-02-2010
correspondance de Saint Soluteur les Turins
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Les serfs, les vilains et les enfants de cadres moyens ne bénéficiant pas d'une bourse d'étude verront le prix de l'inscription à la prestigieuse université Paris-Dauphine de leurs chers petits passer de 231 euros (tarif 2009-2010) à 47.200 euros (HT) par an. Cette diversification des revenus de l'établissement public permettra de développer le programme d'excellence "Dauphine, clé pour l'avenir", et de décrocher enfin de très recherché label "Exquisite", de l'Union Européenne.
Selon Laurent Dubonchoix, conseiller financier auprès des universités : "il faut se féliciter de cette courageuse réforme qui, en dégageant des moyens indispensables à la modernisation, mettra enfin l'université française au premier plan des classement mondiaux". Cet expert compte notamment attirer quelques étudiants dont les parents figurent déjà au palmarès de Forbes.
Cette augmentation du coût des études ne nuira pas à la diversité sociale des étudiants fréquentant l'université. Pas plus que dans les écoles de commerce en tout cas. En effet, les étudiants seront libres d'emprunter de l'argent pour financer leurs études, s'ils trouvent une banque qui veut bien leur en prêter. Par ailleurs, comme c'est le cas dans les grandes universités américaines de référence, les boursiers continueront à bénéficier de l'ancien tarif. Ceux-ci, qui constituent 15% du nombre des étudiants actuels, devront néanmoins porter une cravate bleue, liserée de rouge, qui permettra aux autres étudiants, libres de porter d'autres couleurs, de les distinguer d'assez loin.
Quant aux étudiants pas boursiers ni riches, il leur faudra monter un dossier pour convaincre leur banque qu'il est utile qu'ils fassent des études. Comme le souligne Laurent Dubonchoix : "Paris-Dauphine enseigne l'économie, la gestion et la finance, et il est normal que les instituts bancaires aient leur mot à dire là-dessus".
Cyril Dupont, un étudiant de Paris-Dauphine interrogé par notre reporter nous a déclaré : "je suis satisfait de cette réforme, conforme à mes idées sur l'excellence et sur ce que doit faire une université pour être au top". Questionné sur l'éventuelle inquiétude de ses parents, (ils lui paient ses études, nous a-t-il dit) il nous a répondu : "pas de problème, je leur ai déjà acheté un écarteur anal pour Noël".
Par ailleurs, de sources bien désinformées, des compressions budgétaires liées au programme d'austérité des dépenses publiques indiquent que le nombre de boursiers devrait diminuer dans les prochaines années : un boursier sur deux finissant ses études ne serait pas remplacé.

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Correspondant à Saint Soluteur les Turins
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