
10-03-2010
correspondance du Microcosme
Carla Bruni est furieuse de constater que, malgré qu'elle se soit exhibée nue sous sa robe moulante lors de la visite de Dmitri Medvedev, les médias français l'avaient superbement ignorée et avaient préférer buzzer sur le grotesque accident de perron élyséen de Mylène Farmer, jouant la libertine à l'orteil fracassé. La première dame du monde devant Michelle Obama, a des ressources et un compte Twitter : elle aurait repris la main en organisant l'incroyable rumeur d'une relation torride avec Benjamin Biolay. Cette rumeur aurait jeté le présidentissime Nicolas Sarkozy dans un désespoir aussi abyssal que les déficits publics. C'est donc pour noyer cette désespérance qu'il a décidé à la dernière minute de faire campagne pour les régionales.
La rumeur est folle : comment la supposée relation entre Carla Bruni, la femme nue des grands rendez-vous internationaux, et le chanteur à la voix falote pourrait-elle être torride ? Qui est dynamique, parle vite, promet tout, ne tient pas parole, créant les conditions de réels conflits aussi passionnels que romantiques ? Le présidentissime, il va de soi.
Seuls le sérieux et la conscience professionnelle légendaire de nos confrères désinformants Twitter a permis à cette vérité très dure de prendre toute sa place dans le débat public. La presse s'en est emparée, de la France à l'Angleterre en passant par la Suisse.
Les élections régionales offrent enfin de l'intérêt. Johnny Hallyday serait "disposé à sortir de sa réserve s'il le faut". Car qui est Benjamin Biolay ? Un artiste qui vend peu, mais est très connu et très présent dans l'univers médiatique. Son soutien pour les aliments biodégradables en fait un artiste engagé. Sa nonchalance en fait un héritier de Gainsbourg. La désarticulation de sa musique aurait pu trouver un écho chez Charlotte Gainsbourg. Mais entre registres diaphanes, la résonnance a peu de chances de vibrer.
Benjamin Biolay est surtout un rebelle, issu de la veine la plus dure du canal historique helvétique. Un danger public. Brice Hortefeux, ministre de la protection personnelle du présidentissime Nicolas Sarkozy, a donc décrété que Benjamin Biolay était un ennemi public numéro 1. Il est depuis en fuite. La gendarmerie a déclenché le plan "No Mercy" pour le retrouver, l'interroger et l'exécuter.
Toute personne envisageant de lui apporter son aide se placera en contravention avec cette saine traque républicaine, et sera passible d'une peine de 5 années de travaux forcés, renouvelable à chaque quinquennat par voix tacite des juges aux ordres et faisant honnêtement carrière.

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