
10-03-2004
correspondance du Pays Cathare
La nouvelle a fait grand bruit dans les milieux syndicalistes rétifs aux nécessaires régressions sociales. En effet, après la réforme des retraites, le déremboursement de nombreux médicaments, la baisse des impôts sur le revenu des plus riches, la baisse des crédits de la recherche, la baisse du recrutement des professeurs, la fermeture des sections non rentables de l'Education Nationale, l'augmentation de la taxe d'habitation, la suppression de la taxe professionnelle, la fermeture des bureaux de postes ruraux inutiles, la prime de précarité représentait " le dernier bastion l'archaïsme social" selon le gourou des nantrepreneurs, le Baron Ernest-Antoine Sellières.
Cette prime était versée aux salariés en Contrat à Durée Déterminée (CDD) en compensation de "l'inconfort" qu'engendre un tel contrat par rapport à un Contrat à Durée Indéterminée (CDI). S'appuyant sur un rapport de Robert Dubonchoix, sociologue à l'IDOF (Institut Désinformation et Opinion Francophone), le gouvernement a jugé cette prime inadaptée : "la prime de précarité est devenue inutile dans un monde en pleine mutation dans lequel l'esprit d'entreprendre doit primer sur le conservatisme social", selon Francis Mer le Ministre de la Sécurité des Délocalisations de l'Industrie. Jean-Pierre Raffarin justifie la mesure avec l'intelligence des gens d'en haut : "80% des contrats de travail sont maintenant des CDD et nous espérons atteindre les 90% dans deux ans, la prime de précarité est donc superflue puisque tout le monde est précaire".
La prime de précarité sera donc supprimée afin de soulager les entreprises de ce terrible boulet des charges qui les gêne dans la course à la flexibilité. "Nous allons enfin pouvoir embaucher sans aucun frein et nous prévoyons même de proposer à la face du monde du travail ébahie par tant d'audace, des CDD de quelques heures" s'enflamme le Baron.
Dans un souci d'équité fort compréhensible, le gouvernement souhaite sensibiliser les nantis qui ne connaissent pas la précarité. Ainsi, les fonctionnaires, qui ont l'assurance d'un emploi durable et d'un évolution de carrière pratiquement nulle, devront se flageller avant de partir au travail en répétant trois fois à haute voix "je suis un(e) privilégié(e)" et verront leur cotisations salariales augmenter. L'argent dégagé par la solidarité des fonctionnaires envers le reste des salariés permettra entre autres de financer la suppression de la taxe professionnelle et l'allégement des charges pour les restaurateurs.

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