Manuela Wyler

publié le 05-04-2015

Indéfinissable et n'entrant dans aucune catégorie de blogueuse, d'ailleurs elle se fâcherait, Manuela Wyler porte en elle tout ce que la vie deux point zéro a de plus merveilleux à nous offrir : l'expérience de rencontrer, même virtuellement, de belles gens que la vie d'avant ne nous aurait peut-être pas permis de connaître, car la vie d'avant était facétieuse, elle aussi. Manuela a accepté l'interview de Maître Roger sans croire qu'elle changerait sa vie mais crois bien, ami lecteur, qu'elle changera ta vie. Ami lecteur, n'attends pas : lis son interview aujourd'hui pour sourire à la vie, comme tu liras «Fuck my cancer» le 29 avril pour sourire de la beauté d'avoir croisé Manuela, lis aussi son blog de cuisine ashkénaze pour prendre quelques kilos, et puis lis encore Jewishtraces parce que c'est comme ça.

mwyler

Manuela Wyler (@mwyler)

son blog : Fuck my cancer

Peux-tu te présenter à nos lecteurs bien désinformés avides de mieux te connaître en trois dates des calendriers de ton choix ? (une date = un événement/souvenir qui dit quelque chose sur toi)

Septembre 1966 : j'avais six ans un bonnet pour cacher mes cheveux courts. J'avais demandé au coiffeur de ma mère de faire comme pour mes frères. Elle a été fâchée. Je portais un caban et je posais fièrement devant ma première bicyclette de grande. Elle était bleue ciel avec une pompe et des sacoches assorties et bien entendu une sonnette au guidon.

10 mai 1981 : j'ai adoré la tête de mon oncle et sa femme quand le portrait de Mitterrand est apparu à l'écran. Je me marrais, ils étaient paniqués.

4 Juillet 1987 : la fin du procès de Klaus Barbie à Lyon et sa condamnation. Il faut que j'explique ?

Toi qui as connu, de par ton âge vénérable, la naissance du Minitel, peux-tu nous dire comment tu es venue aux Internets ?

J'ai souscris mon premier abonnement à Compuserve puis à AOL en 90 ou 91, mon premier usage a été de rechercher les membres de ma famille éparpillés dans le monde et des sites éducatifs pour mes enfants. J'ai souscrit à des services américains très vite et mes factures de téléphones étaient considérables. Notre famille était suréquipée en informatique. Dès 96 j'ai commencé à me servir d'Internet pour télé-travailler. Sans Internet ma vie n'aurait pas été la même.

Avant de te faire connaître pour ton blog «Fuck my cancer», tu te serais classée blogueuse dans quelle catégorie ? (lifestyle, cuisine, maman, ethnologie, politique, etc. ?) Que penses-tu des catégories pour classer les blogs, au fait ?

Cher Maître de la désinformation, bien avant Fuck my cancer, en 2007 j'ai lancé un premier blog/site qui existe toujours, il s'agit de Jewishtraces.org, un site dédié à l'histoire des réfugiés juifs étrangers en Europe de l'Ouest. Depuis que je suis malade il n'est plus alimenté mais toujours visité.

Je n'aime pas les catégories, je n'aime pas qu'on range les gens dans des boites ou qu'on les classe dans des listes. Dans nos familles on n'aime pas trop les listes et les numéros de classement ça date des années 40 je pense.

Ton blog Kitchenbazar propose des recettes qui m'évoquent mon enfance et mes kilos en trop. Et là, tout à coup, je me dis que c'est trop bête de ne pas avoir fait se rencontrer #lacuisinedeRoger avec Kitchenbazar. On commence quand ?

Quand tu veux, parfois tes recettes m'étonnent mais il faudrait qu'on en parle !

Tu as créé Kitchenbazar en 2010 en réunissant des recettes de tes aïeules. Pourquoi n'avoir pas fait un livre sur la cuisine ashkénaze de nos ancêtres ?

C'est un projet que j'ai avec une de mes filles, mais nous procrastinons. J'ai un alibi parfait avec mon cancer et elle travaille. Je prépare un second livre mais toujours pas de recettes. Si le cancer me laisse un peu tranquille peut-être allons-nous le réaliser et qui sait, trouver un éditeur.

Pour ma défense chaque année je prépare un livre de recettes et d'histoires de famille réservés à mes enfants et je le fais imprimer en numérique. Nous avons déjà 3 volumes.

Tu vas publier le 29 avril le livre titré comme ton blog «Fuck my cancer» dont Maître Roger publiera le jour-même la critique admirative. C'est toi qui a cherché un éditeur ou c'est Fayard qui est venu à toi ?

Fayard est venu à moi l'an dernier grâce à l'aide d'un twitto fort célèbre à qui je m'étais ouverte de mon souhait de passer du blog au livre. Il en a informé la directrice éditoriale de Fayard. Vingt-quatre heures plus tard nous étions en contact avec celle qui est devenue mon éditrice. Et là il a fallu bosser.

Tu pourrais leur dire un petit mot pour Maître Roger qu'aucun éditeur n'a toujours pas contacté malgré son talent prouvé à moult reprises au cours des 15 années de Désinformations.com ?

Compte sur moi mais je ne suis qu'une apprentie écrivaine malgré mon âge vénérable et je crains que mes suggestions n'aient que peu de poids. A toi de formuler un projet de livre. Mais promis j'en parlerai.

Tu n'ignores pas que ton interview dans Désinformations.com va t'apporter un supplément de notoriété et qu'il deviendra très pénible pour toi de te promener sans être reconnue par les milliers de néo-fans bien désinformés qui voudront te témoigner leur admiration. Es-tu prête pour cette nouvelle vie ?

Je pense que rien ne changera. Je n'ai pas ton optimisme débridé. Mon côté ashkénaze.

Comment ta vie a-t-elle changé depuis que tu connais Maître Roger ?

Grâce à son horoscope sur mesure je ris beaucoup le dimanche vers 18 heures et souvent en semaine en lisant les nouvelles désinformées du Suprême.

Quelle musique as-tu écoutée pour répondre à cette interview ?

Aucune car j'ai besoin de silence, j'ai déjà un tel boxon dans ma tête. Sinon quand je marche en ce moment j'écoute des vieilleries de REM ou de Crosby Still Nash et Young et les chansons de mon amie Jacky qui réalise un de ses rêves.

Et la vie dans tout ça ?

La vie ? Comme on n'a pas quatre heures je vais faire bref. Depuis 2013 ma vie est sujette à beaucoup de variations, la maladie te fait apprécier les beaux moments. Il m'est difficile de me projeter alors je vis mon présent. Ma tribu y tient une place centrale comme tu l'as lu dans le livre et sur le blog. Mon cancer a trouvé judicieux de se rappeler à moi alors que le livre sort donc j'essaie de profiter de la vie, de ce qu'elle me donne. J'essaie, c'est déjà ça. Voilà j'ai plombé l'ambiance. C'est le problème avec les cancéreux, des fois ils sont plombant, c'est pour ça que j'évite d'en voir trop.

 

#Manuela Wyler | #Jewish Traces | #Kitchenbazar | #Fuck my cancer |

lire son blog : Fuck my cancer

 

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