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Le burp de Cui

du Rédacteur Suprême
publié le 22-01-2016

Nous poursuivons l'exploration de la blogosphère moyennement adaptée à une lecture sur l'ordinateur du travail dûment surveillé par la DSI avec ce soir le burp de Cui, connu sous le nom de «Comme une image», un burp que nos lecteurs et lectrices émerveillés ne manqueront pas d'apprécier en raison de son infini bon goût. Lisez et mangez-en.

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Comme une image (@cmmnmg)

son blog : Comme une image

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Comment peux-tu te présenter à nos lecteurs en âge de lire du NSFW : Cui es-tu ? D'où viens-tu ? Où vas-tu ?

Je ne connais pas de question plus difficile que «qui es-tu ?». On ne sait jamais par quel bout la prendre. Faut-il la jouer état civil ou philosophique ? Ma date de naissance se trouve quelque part sur mon burp et quelques fidèles lectrices me souhaitent un bon anniversaire en m'envoyant des mots doux. J'ai donc l'âge de mes artères, la sagesse qui va avec (oui, je suis sage comme une image), mais j'ai l'air plus jeune que mon aorte ; je gagne (assez bien) ma vie en m'occupant de programmes informatiques en région parisienne (région qui m'a vu naître et où j'ai vécu l'essentiel de ma vie), je vis en couple depuis plus de vingt ans avec ma femme et mes deux adolescentes de filles ; je suis très mollement militant politique de gôche, ayant bien assimilé l'héritage spirituel de mes parents ; bourgeois de gauche athée fils de bourgeois de gauche athées, scientifique (et obsédé sexuel) comme papa, littéraire comme maman.

Où vais-je ? À ma perte, très certainement. Au néant qui va avec. Bien que je sois convaincu que Desproges et moi ne partagions pas tout à fait la même philosophie de la vie (ce qui ne m'empêche pas de l'admirer sur bien des points), je fais mienne cette devise qui faisait office de titre pour un de ses ouvrages : «vivons heureux en attendant la mort».

Tu as créé ton blog, «Comme une image», en mai 2006 ; que faisais-tu avant sur les Internets ? As-tu eu d'autres blogs ?

Ah la la ! Mais je suis trop un fils de la télématique. J'ai commencé tout petit (vers 17 ans et demi) à écumer le Minitel, avec tout plein de pseudos. Pas de «site», ça n'existait pas à l'époque, mais je laissais ma trace dans des forums ou dazibaos (un de mes regrets est de ne pas avoir trace de ma production de l'époque). La transition vers Internet s'est faite toute naturellement (pour moi, pas de différence essentielle : ça reste de la télématique même si ce joli mot a pris un coup de vieux). Peu après ma souscription à mon premier F.A.I. (Infonie, in memoriam), j'ai ouvert en 1998 (je n'étais pas un précurseur) une «page perso» qui avait été repérée par l'Express (un coup de bol, qui a multiplié le trafic sur mon site par 10 - j'avais donc 21 lecteurs), j'ai même été interviewé pour un article jamais paru du magazine jadis édité par la fnac, tout ça pour te dire que j'ai maintes fois échappé à la gloire, mais que grâce à toi, je vais enfin y accéder. Et j'écumais les forums IRC parce que j'aimais toujours discuter avec tout plein de gens.

En 2006, je décidais enfin d'ouvrir mon burp (en 2006, c'était l'explosion des blogs persos : tout le monde se rendait compte qu'il avait quelque chose à dire sur son nombril ; donc une fois de plus, je n'avais rien d'un précurseur, au moins me démarqué-je aujourd'hui par ma ténacité) et je suis assez fier de dire que je m'en tiens toujours, neuf ans plus tard, à la même ligne éditoriale («des points de vue et une - grosse - pointe de cul»). On ne va pas gaver les gens avec des sujets techniques, mais au démarrage, j'étais sur une plateforme de blogs (hautetfort) et j'ai ensuite tout rapatrié sur mon propre site afin d'en avoir la totale maîtrise (technique, éditoriale, zéro pub). Comme je suis informaticien, je me suis plongé à fond sur le sujet, j'ai longuement étudié l'offre, hésité entre Dotclear et Wordpress, choisi ce dernier - sans aucun regret -, j'ai étudié ses rouages pour rapatrier le contenu de mon site haut & fort sur cui.burp.fr, j'ai fréquenté assidument les forums de Wordpress-fr pour y trouver de l'aide, puis apporter la mienne grâce aux compétences acquises, à tel point que je suis devenu modérateur, puis administrateur des forums là-bas. Aujourd'hui, je n'ai plus trop le temps pour ça (et puis je n'ai pas tenu à jour mon expertise). Je ne trouve pas assez de temps pour publier régulièrement sur mon burp, et tu as vu le temps que j'ai mis à répondre à ton interview ! Tempus fugit ! (T'as vu, c'est ma deuxième locution latine. J'essaye lamentablement de piquer quelques hypokhâgneuses à Vagant.)

Tu fais preuve depuis mai 2006 d'une belle régularité dans l'écriture sur ton blog, rare dans la blogosphère où les gens écrivent et disparaissent si souvent ; d'où te vient cette formidable énergie pour l'écriture ?

Pas aussi régulier que j'aimerais, mais oui, j'avoue tirer une certaine fierté de mon endurance (sic). D'où me vient l'énergie ? Voyons, du sentiment très égocentrique et orgueilleux que ma vie, mon oeuvre et mon opinion sont assez intéressantes pour être partagées et que j'ai suffisamment de talent pour le faire de façon, elle aussi, intéressante. J'aime bien contrebalancer le côté possiblement répétitif de l'exercice érotique et de sa retranscription par des variations de style ou de mise en page (même si, évidemment, tous mes billets ne sont pas des chefs d'oeuvre de créativité, il y en a plusieurs dont je suis fier).

Voici une petite sélection pour illustrer mon propos :

Fensch vallée (CUI remix)

Pong hypermediatique (sur un concept de Victoria Welby, une chouette blogueuse québécoise)

Le supplice de Tantale (mythologie revisitée)

Deux petits textes à contraintes récents : l'adroit sieur (...) et Une histoire de tauto

J'aurais envie de mettre encore beaucoup de contenus en avant, comme la série «Penses-tu encore à moi» ou la série «Main pleine», mais la plupart de ces articles sont sous clé. À ceux qui se seront laissé appâter et qui voudront plonger dans mes archives, je promets (peu humblement) de longues heures de lecture et quelques belles surprises. Ceux qui m'aiment prendront le temps (en 9 ans, j'ai quand même pondu près de 1.300 notes...)

Hormis pour faire le malin, pourquoi appelles-tu «burp» ce que tous les gens appellent «blog» ?

Faire le malin est une justification qui se suffit à elle-même, mais si tu veux une explication plus profonde, je suis - ou je prétends être - un défenseur de la langue française et j'essaye de limiter mon emploi des termes anglophones quand un équivalent harmonieux existe. Par exemple, j'écris courriel - j'avoue qu'à l'oral, je lâche trop souvent e-mail pour être totalement crédible. Blog, je trouve ça moche et ça évoque pour moi le dégueulis. Burp sonne bien plus français (ah oui, surtout, ça se prononce «burpe» à la française et pas «beurpe» à l'anglaise !!) et ressemble à un rot, ce qui est plus classe (et qui est aussi une manière de jouer les modestes par rapport à ce que je partage).

Et ça marche bien, ton blog-burp ?

Je ne sais pas sur quels critères juger si ça «marche bien». L'audience ? Ça fait trois bonnes années que j'ai arrêté de regarder les stats de mon site, parce que je m'en fous. Je ne vais pas te mentir : j'écris pour être lu. Mais j'aime bien le «niveau» de popularité auquel je suis arrivé aujourd'hui. Ce que j'apprécie beaucoup, c'est d'échanger avec mes lecteurs, dans les commentaires. C'est une composante essentielle de mon burp. Je veux être lu, mais je veux aussi échanger, interagir. Pas assez de commentaires et tu as l'impression de pisser dans un violon ; trop, et tu n'as plus le temps de répondre à tout le monde (je réponds quasiment à tous les commentaires que je reçois). Je suis fier que mon burp soit un réel espace de dialogue (et de dialogue intéressant, hein, pas que des messages complaisants du genre «j'aime beaucoup ce que vous faites» - même si ça fait toujours plaisir) et je crois que c'est une chance. Je connais pas mal de sites qui reçoivent des myriades de lecteurs mais ne récoltent que quelques miettes de commentaires. C'est chouette, le partage. Les rézossossio ont un peu tué ça. As-tu lu la pleurnicherie de ce blogueur iranien sorti de prison, qui regrettait l'influence perdue des blogs (c'était un blogueur «influent» et emprisonné pour ça). Il a raison sur bien des points même si la ritournelle «c'était mieux avant» ne mène à rien.

J'ai fait récemment une expérience qui m'a attristé. Il y avait un embryon de débat sur Twitter autour de l'interdiction du port du voile et du féminisme. J'ai essayé de débattre mais c'est pas facile de développer des idées complexes en 140 caractères. Alors j'ai pris le temps de faire un article où je développais mes arguments et mes interrogations. J'ai fait un tweet pour avertir la twittas (qui, en plus, a elle-même un blog !) de cet article pour l'inviter à prolonger le débat. Et elle n'a pas été capable de faire autre chose que de répondre par tweet, sans faire l'effort de développer ses arguments. Bref, elle a préféré rester dans cette illusion de débat où chacun se garde bien de remettre en question ses convictions. Les gens qui sont convaincus de détenir la vérité me gonflent (ouais, la paille, la poutre).

Pour finir, sans doute suis-je un peu déçu par la plus faible participation ces derniers temps, mais je paye le prix de ma plus grande irrégularité de publication en 2015. C'est le fameux cycle du burpeur.

Est-ce que c'est un bon moyen pour pécho, un blog de CUI ?

Trop ! Bien plus efficace (pour moi en tout cas) que les sites de rencontre.

Oh ! Mais il y a plein d'articles privés, sur ton site, pourquoi ?

Ah mais quelle bonne question que celle-là ! Cela remonte à l'un des moments paroxystiques de mon couple. Quand j'ai commencé à négocier avec ma compagne l'autorisation «officielle» d'avoir des aventures en dehors de mon couple, j'ai craint un instant qu'elle écume la toile et tombe sur mon burp. Elle a effectivement écumé la toile, mais à la recherche d'autres types de témoignages sur d'autres types de site. Quoi qu'il en soit, j'ai mis sous clé l'intégralité de mon contenu, que j'ai progressivement ouvert le contenu, en principe celui qui ne permet pas de me reconnaître trop facilement, si jamais un proche tombait sur mes pages par hasard (il y a des exceptions). Il y a encore beaucoup trop de contenu «anodin» qui reste privé, mais ça prend un temps fou de tout revoir et reclassifier. S'inscrire sur mon site ne prend que quelques instants, c'est gratuit, et après mon approbation, tout est à nouveau visible. (Et, très franchement, la plupart des jolis trucs sont sous clé... ça vaut donc la peine !)

Dans son interview à Maître Roger, la jeune In Venus Voluptas nous raconte la genèse de son précédent moi, In Virgo Voluptas, dont elle explique mystérieusement qu'elle serait sortie de ta cuisse. Tu peux nous en dire plus ? Sauf si c'est encore trop douloureux, bien sûr ?

Je ne sais pas si c'est ma cuisse ou ma cheville qui va enfler ; après Vagant, je découvre donc que le blog d'IVV doit sa genèse à un de mes articles !

À la réflexion, je crois savoir à quoi cette délicieuse enfant fait référence. Toi et tes lecteurs trouveront la réponse en recherchant sur quel article de mon burp est apparu le premier commentaire signé par «In Virgo Veritas».

Tu sais que la publication de ton interview, web-journal à très grand tirage, va t'apporter une gloire supplémentaire à travers tous les Internets. Es-tu prêt à répondre aux sollicitations des filles qui seront nues sur toi dans la rue ?

Si je ne suis pas accompagné par ma femme ou mes filles, ce sera avec plaisir que je les réchaufferai (par ce temps, ça n'est pas très raisonnable de ne pas sortir couverte). Il n'y pas plus sain et équilibré qu'une relation star-groupie.

Depuis que tu connais Maître Roger, comment ta vie a-t-elle changé ?

Un followé de plus sur Twitter. Et environ 75 fois plus d'occurrences du mot «horoscope» dans ma TL. Comme si ma vie n'était pas assez douloureuse depuis que je suis suivi par @HoroscopeVerseau.

Où penses-tu qu'il sera de bon goût de dîner avec Maître Roger pour sceller votre amitié naissante ?

Je vois que tu proposes aux filles de les inviter. Quel sexisme !

L'adresse proposée par Vagant est sûre (small world). Mais autant varier les plaisirs ! Sur Paris, je me fie aux recommandations du site lefooding.com, des guides Lebey et Poudlo, plus quelques autres adresses glanées çà et là. Je mange de tout, sauf quelques abats (les tripes, c'est pas mon trip, mais le ris de veau est mon ami dans l'assiette), les huîtres et autres bigorneaux et la plupart des vrais fromages. Ça laisse pas mal de champ.

Quelle musique as-tu écoutée pour répondre à cette interview ?

Les conversations de mes collègues dans l'open space.

Et sinon, si tu n'étais Cui, tu serais plutôt Casanova ou Don Juan ?

Ils sont tous les deux morts, tu sais ? Je préfère être vivant.

(Cela dit, je pense que la réponse est tellement évidente que je pourrais jouer les offensés qu'on puisse seulement me poser une telle question.)

 

#Cui | #comme une image | #Vagant | #In Venus Voluptas |

lire son blog : Comme une image

 

le billet d'avant, le 14-01-2016

Charlie, blogueuse aux plumes

le billet d'après, le 28-01-2016

L'AristoChatte nous communique sa joie de vivre

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