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Les parapluies seront de retour cet automne

correspondance du Microcosme
publié le 03-07-2009

Rue de Rennes - Les agences de tourisme parisiennes le répètent : il est doux de se promener le long des quais, lorsque l'automne se réconcilie avec les pierres qui ont brûlé tout l'été. Sous le sable déblayé, on retrouve les pavés. Un petit air de flûte traversière traverse les esprits mélancoliques. Il y a de quoi se prendre pour Jacques Dutronc. Les belles blondes étrangères d'un mètre quatre-vingt-dix sont reparties dans leur Nord enneigé et peuplé d'alcooliques, le visage souvent gracieusement tchernobilisé - on leur pardonne tout à ces blondes étrangères aux accents nordiques - par quelques heures de surexposition inconsciente au soleil implacable d'une plage grecque. Les Allemands sont repartis à l'heure. Le départ de l'assurance bedonnante et de l'humour envahissant de ces visiteurs venus d'outre-Atlantique a libéré l'espace à l'humour local gras et grivois. Tout redevient normal.

Il pleut
CC Flickr - Cédric Lange

Puis vient le temps des ondées. Puis vient le temps des ennuis, de l'anxiété, de la peur. Les mamies ne sortent plus qu'armées de parapluies. Et les parapluies sont des loups pour le piéton. Une ondée est le plus souvent, dit-on, passagère. Les parapluies, eux, restent et peuvent semer la terreur parmi les foules badines des mois entiers. Ils viennent par bandes entières, toujours sur les trottoirs trop étroits, comme les moustiques surgissent à l'été humide. Seul l'astronaute en équipement complet se sent vraiment en sécurité. Toujours à hauteur des yeux, avec le vent pour allié, qui retourne à la vitesse de la mangouste leurs ailes de dragons, hérissant soudain une forêt de hallebardes acérées, ces bêtes sauvages sont toujours promptes à sauter au visage des passants, comme un "facehugger" qui va pondre quelque Alien monstrueux dans le ventre innocent du supporter du PSG.

Car le parapluie est un tueur né. Pire que le scorpion et que le Chinois, il est cruel et sournois. Un sang glacial et noir parcours ses baleines. La plupart des piétons refusent de le croiser, encore moins de l'affronter, et préfèrent changer de trottoir tant qu'il en est encore temps. Il est même dit que le commando spécial des basses terres, les Hyènes Vertes Hurlantes, hésitent à les approcher.

Ce sont des meurtriers. Des assassins. D'immondes brutes. D'innombrables témoignages s'accumulent dans ce sens depuis des années sur les bureaux de l'administration qui ne fait rien. Pas besoin de preuve. Il suffit de considérer l'entrée d'un bus déjà bondé. Il pleut, l'ambiance est lourde et humide, l'haleine des passagers en sueur et qui tentent de garder un minimum de dignité malgré l'odeur de leur chemise qui a mal séché, a maculé les vitres du véhicule public, narrant par voies olfactives quelques journées de travail moite.

Deux adolescents sont, tel Néo, branchés sur leur iPod et écoutent en secouant bêtement la tête le délicat rythme d'une musique incantatoire. Le bus sent mauvais, mais ce n'est pas grave, plus que trois arrêts. Et c'est en quittant enfin cet endroit confiné et nauséabond, traversé de ces vampes de 50 ans qui peinent à imaginer que leur chevelure grassement abondante est un support du dégoût, que le fauve en embuscade saute sur le malheureux piéton qui avait cru pouvoir baisser sa garde. Trop tard. Le combat est déjà engagé. Il est déjà perdu. La bête ne laisse jamais aucune chance à sa proie. Plus rapide que les poings de Jet Li, les crocs meurtriers du monstre font un accroc dans l'imperméable de sa victime. Et personne ne peut engueuler et encore moins cogner sur la mamie qui porte fièrement à bras tendu son parapluie sauvage alors qu'il ne pleut plus ! Parce que justement, c'est une mamie. Font ch... les mamies avec leurs parapluies.

#parapluie | #Automne | #Jacques Dutronc

 

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