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Payer plus pour gagner moins : une expérience pilote à Nancy ouvre la voie à de nouvelles régressions sociales prometteuses

du Rédacteur Suprême
publié le 10-02-2010

Pour contrer les revendications intolérables des salariés enkystés dans un conservatisme qui les empêche de comprendre la portée des réformes qui sauveront la France, le gouvernement lance l'expérimentation d'une nouvelle formule visant à sécuriser l'emploi qui reste. A l'université de Nancy que les salariés sont invités à verser une caution pour obtenir leur paie : à travers cette expérience pilote originale, le gouvernement souhaite tester la résistance des jeunes salariés à des concepts novateurs visant à "payer plus pour gagner moins".

L'université de Nancy pilote
CC Wikimedia

"Il est évident que si le test réussit avec des étudiants, nous aurons accompli un grand pas pour une généralisation", nous explique en premier lieu Karine Dubonchoix, chargée de mission du ministre de la pénurie de l'emploi, dépêchée à Nancy pour coordonner le test.

Elle a accepté d'en expliquer les grands principes à nos envoyés spéciaux bien désinformés.

"Pour faire face aux problèmes de trésorerie de l'université, en ces temps de début de la crise de la dette souveraine qui ne facilitera vraiment pas l'avenir", expose Karine Dubonchoix, "nous testons l'appétence des étudiants - vacataires à verser une caution pour obtenir le versement de leur salaire mensuel à terme échu, désormais qualifié d'"avance", puisqu'à la fin du process, le salaire ne sera versé intégralement que sous condition de pleine réussite des missions confiées".

L'argent de la caution permet de rassurer les banques, légitimement inquiètes de l'évolution négative de la trésorerie de l'université de Nancy. "En versant leur caution, les vacataires sauvegardent la pérennité de leur emploi", souligne Karine Dubonchoix qui, après avoir fait le tour des autres possibilités (augmenter les dotations de l'université, utiliser le grand emprunt, renoncer au bouclier fiscal pour financer les études des jeunes...), a dû se rendre à l'évidence : "il faut payer plus pour être sûr de gagner moins".

Le principe est très simple : l'agence comptable de l'université accepte de faire une avance sur le principe du CAS sous réserve que les vacataires donnent un chèque d'un montant correspondant à six mois de salaire (charges salarié et patronales comprises) ; la caution conditionne le versement du premier salaire avec "seulement quinze jours de retard après la fin du premier mois de travail".

En plus de servir de garantie aux banques, les intérêts générés par les cautions versées vont permettre de réparer les machines à café de l'agence comptable de l'université, ce qui permettra d'optimiser le travail des agents comptables.

Passée l'émotion provoquée par l'annonce chez les vacataires concernés par le test, autant que chez leurs chefs de projets qui ont dû leur envoyer courageusement un mail explicatif (sans les montants des cautions, qui seront personnalisés en fonction de la mention obtenue à l'épreuve de fellation organisée en parallèle par l'université pour sélectionner les vacataires méritants), Karine Dubonchoix note avec satisfaction que les premiers échos reçus sont "très encourageants".

"Nous avons bien reçu les récriminations d'une vacataire qui, sous prétexte qu'elle est interdite bancaire et n'a donc pas de chéquier, a développé une théorie audacieuse tentant de dénoncer ce qu'elle appelle maladroitement une aberration", reconnaît Karine Dubonchoix, "la passivité des vacataires permet d'augurer une généralisation du procédé à court terme".

Le Medef s'est déclaré très intéressé par l'expérimentation de Nancy et a envoyé un émissaire en Lorraine pour étudier sur place les modalités d'application à l'ensemble des salariés du principe de versement de la caution.

Des groupes bancaires de premier plan ont été approchés pour permettre aux plus nécessiteux de verser leur caution et de la rembourser par petites mensualités "en moins de 30 ans".

Quant à la vacataire négligente qui avait argué de son interdiction bancaire pour justifier de ne pas verser la caution, ne pouvant faire de prêt de ce fait, il lui a été proposé un plan de reconversion pour poursuivre ses études en alternance dans une mine de sel en Chine. "Une expérience finalement plus lucrative que l'université de Nancy !", admet la jeune Caroline Coeurdepierre, devenue ainsi en quelques heures l'ex-vacataire la mieux payé de l'université française.

#université | #Nancy | #gagner plus

 

Rédacteur Suprême

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