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Gel des avoirs de Ben Ali, future fuite de Moubarak : MAM répond à vos questions

correspondance du Médoc
publié le 04-02-2011

Avions privés cloués au tarmac, comptes bancaires bloqués, le gel des avoirs du clan Ben Ali – Trabelsi se poursuit à un rythme effréné dans l'Union Européenne et dans le reste du monde afin de pousser la crapule dictatoriale tunisienne dans ses derniers retranchements jusqu'à, peut-être, un procès final mené par un tribunal international. En Égypte, Hosni Moubarak semble prêt à quitter à son tour son pays pour peu qu'on lui assure que son absence ne sera pas prétexte à une longue plongée de l'Égypte dans le chaos. Le collaborateur américain du présidentissime Sarkozy, Barack Obama, enjoint même le président égyptien à abandonner le pouvoir alors que la communauté internationale n'a jusqu'à présent, durant près de trente ans, jamais relevé de sa part le moindre écart vis-à-vis des principes fondamentaux défendus par l'ONU.

Michèle Alliot-Marie en tournée d'inspection démocratique en Arabie Saoudite
CC Flickr - Ammar Abd Rabbo

De nombreux lecteurs désinformés, bien peu au fait de la realpolitik et des us et coutumes diplomatiques nous écrivent et nous posent de nombreuses questions auxquelles nous ne sommes pas toujours en capacité répondre.

Qui mieux que la ministre des affaires étranges, Michèle Alliot-Marie, pouvait éclairer leur lanterne ? Notre stagiaire bien désinformée Charlotte Dubonchoix l'a rencontrée pour vous.

Charlotte Dubonchoix (CD) : Madame la ministre, une question revient souvent dans les milliers de courriers que nous adressent nos millions de lecteurs francophones de bon goût : pourquoi n'avoir engagé bien avant des poursuites et le gel des actifs de Ben Ali alors qu'il était au pouvoir depuis plus de vingt ans ?

MAM : Je comprends ces interrogations légitimes mais la situation est bien plus complexe que ce que le petit peuple peut comprendre. Monsieur Ben Ali a toujours été un chef d'État exemplaire. Je l'ai encore rencontré chez pendant les vacances de Noël et je peux vous dire que j'avais rarement vu un pays aussi bien tenu. Imaginez que malgré le fort taux de musulmans du pays, on pouvait voir dans la rue des femmes sans burqa ! Ça n'est qu'en janvier que, pour une raison inconnue, Monsieur Ben Ali a franchi la ligne jaune.

CD : Au moment où il a pris l'avion en fait...

MAM : Tout à fait. Sans doute avait-il bu... quoiqu'il en soit, une fois monté dans l'aéronef, il a commencé par refuser de payer la surcharge de bagages à main pour la tonne et demie d'or qu'il avait embarquée, puis il a refusé d'attacher sa ceinture, il a allumé une cigarette et, enfin, a insulté les hôtesses avant de leur jeter des lingots d'or à la figure. C'est là une attitude tout à fait inappropriée lorsque l'on voyage dans un appareil du département d'Etat américain. Il faut savoir que, depuis les attentats de 2001, les Américains sont très à cheval sur les règlements aériens. La communauté internationale se devait d'agir. Peut-être d'une manière un petit peu disproportionnée il est vrai. Pour ma part, j'avais plutôt préconisé des travaux d'intérêt général : Monsieur Ben Ali aurait par exemple pu se joindre à Jean-Luc Delarue, qui a connu les mêmes déboires aéro-éthyliques, dans sa tournée des MJC en camping-car pour expliquer aux jeunes les ravages de la drogue et de l'alcool.

CD  Cela va bientôt être au tour d'Hosni Moubarak de quitter son pays. Rejoindra-t-il lui aussi l'Arabie Saoudite ? Et pourquoi ?

MAM : C'est aller un peu vite en besogne que de parier sur un départ prochain de Monsieur Moubarak. Serait-il prudent de priver l'Égypte de son leader et de la laisser s'enfoncer dans le chaos créé par un afflux incontrôlé de démocratie ? Cependant, dans l'hypothèse où il devrait quitter l'Égypte, le département d'Etat l'amènerait sans doute en Arabie Saoudite. Pour plusieurs raisons : d'abord une communauté linguistique qui permet à des chefs d'Etats arabophones comme Messieurs Ben Ali et Moubarak, de ne pas être gênés par la barrière de la langue. Ensuite le fait que l'Uruguay, qui n'a pas fini d'écouler son stock d'anciens nazis refuse pour l'instant d'accueillir des dictateurs. Enfin, tout simplement, parce que les États-Unis préfèrent que ces anciens chefs d'Etats restent sur le sol américain.

CD : Merci Madame le ministre pour cet entretien éclairant.

MAM : Il n'y a pas de quoi. Vous m'excuserez de devoir vous quitter si vite, j'ai un avion à prendre pour passer un week-end en amoureux dans la résidence de bord de mer d'un ami algérien.

#Michèle Alliot-Marie | #Ben Ali | #Moubarak | #Charlotte Dubonchoix

 

Correspondant en Médoc

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