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Michel Rocard développe son analyse sur la Syrie : 300 parlementaires hospitalisés

correspondance du Microcosme
publié le 02-09-2013

Alors que le débat bat son plein sur la non imminente mais fermement résolue et ferme mais mesurée intervention américaine et française en Syrie, le gouvernement socialo-irresponsable a demandé dans son irresponsabilité à un ancien premier ministre qui avait demandé le vote du Parlement avant l'intervention militaire de la France en Irak, de présenter son point de vue aux parlementaires réunis pour l'occasion à Matignon. Pour Michel Rocard, ancien chef irresponsable du gouvernement (1988-1991), âgé de 82 ans, "Parler vrai n'est pas suffisant. Encore faut-il avoir quelque chose à dire. Ça tombe bien, j'ai beaucoup de choses à dire, depuis que je ne suis plus candidat à la présidence de la République, française, je précise", lance-t-il à 577 députés sincèrement désireux de comprendre et de sauver le monde.

Michel Rocard montrant aux parlementaires un cendrier en porcelaine syrienne
CC Flickr - jyc1

"La vie d'Assad est un tissu de poignards islamistes qu'il faut boire goutte à goutte" entame Michel Rocard en ouvrant la page de son site Internet de réflexion géopolitique, WikiRocard, "or nous ne pouvons héberger en France toute la misère du monde syrien. J'irai donc à l'essentiel, quitte à un peu brusquer les subtilités de l'Histoire de cet espace arabe qui n'a pas su sortir de sa dérive autocratique le conduisant au printemps arabe et peut-être islamiste aujourd'hui, pour le plus grand de nos regrets de nos amis spécialistes de la question, je pense à l'historien Marc-Antoine Dubonchoix et au philosophe Jean-Baptiste Botul, même si j'avais déjà prévenu en 1974 dans mon célèbre livre vert consacré à "L'Avenir de la Syrie relève du projet fédéral européen et du changement des missions de la BCE" qu'un jour le risque serait grand que les Etats-Unis fassent appel au Congrès pour intervenir militairement en Syrie. Ottomane depuis 1516, le début de la renaissance de la Syrie moderne peut être datée des années 1832 à 1840, dénotant que plus de trois siècles d'obscurantisme décidément non laïc, lors desquelles Mehemet Ali tenta de secouer le joug de l'Empire ottoman en lançant sa fameuse réplique au Sénat local "une grande partie de l'humanité est encore illettrée ; mais il n'y a pas d'employés sans employeurs, ni de croyants sans Dieu" qui provoqua de forts débats lors de l'Université d'été d'Alep au cours de laquelle la Syrie se déchira sur la question des bienfaits de la colonisation du Sultan d'Oman à Zanzibar. En 1840, l'affaire de Damas gagne les populations juives suite à la disparition d'un moine capucin dont on ne retrouvera que la gourde de vin, vide, et sa sandale droite, délacée mais en parfait état, ce qui secoue à nouveau le pays d'un séisme politique que nous avons tous en mémoire, des milliers de marcheurs convergeant vers Damas pour lancer leurs sandales droites au pied des douves de la ville alors fortifiées de murs haut de 18 mètres, épais de 7,41 mètres, au sommet duquel courait un chemin de garde très moderne pour son époque quoi que non motorisé. Chacun le sait, il faut attendre 1860, pour que les événements du Mont Liban et de Damas entraînent l'envoi d'un premier corps expéditionnaire par les puissances européennes, sous égide française, en raison, déjà, du vote négatif britannique, intervention qui aboutissent en 1861, à l'autonomie du Liban vis-à-vis de Damas, ce que la Syrie ne pardonnera jamais à la France. On admet cependant communément que l'ouverture de la Syrie en 1860 vers l'Occident entraîna un renouveau culturel et la prise de conscience d'une identité et le développement d'un nationalisme arabe. Ce qui n'était pas malin. Cherchant des appuis pendant la Première Guerre mondiale, les Britanniques promirent l'indépendance du pays en cas de victoire sur l'Empire ottoman. Cependant, et c'est un fait majeur et un tournant captal dans l'histoire de la Syrie, le 16 mai 1916, le Royaume-Uni et la France conclurent des accords secrets, les accords Sykes-Picot, par lesquels elles se partageaient les terres arabes sous domination ottomane. Cet accord résulte d'un long échange de lettres, dont je vous donnerai lecture si vous le souhaitez, des lettres tout à fait passionnantes et que je lis chaque soir pour mieux saisir la psychologie des protagonistes au regard de la graphologie des écritures, complot donc entre Paul Cambon, ambassadeur de France à Londres, âgé de 54 ans alors et père de deux jeunes filles, parfaitement bilingues, qui donnera son nom à la rue où est logé la Cour des comptes, dont l'analyse essentiellement budgétaire mériterait d'être complétée de volets plus sociétaux et sociologiques voire environnementaux, et Sir Edward Grey, secrétaire d'État au Foreign Office, qui vivait avec sa maîtresse suisse âgée de 29 ans, germanophone, dans une villa de 589 m2, dans la verdoyante banlieue de Fulham, près de Londres. Un accord donc ultra-secret, mais que je peux aujourd'hui vous livrer entièrement, fut conclu à Downing Street entre Sir Mark Sykes pour le Royaume-Uni et François Georges-Picot pour la France, portant sur le partage de l'espace compris entre la mer Noire, la Méditerranée, la mer Rouge, l'océan Indien et la mer Caspienne : il s'agit du fameux Accord Sykes-Picot qui pourrait bien être au sujet du Bac Histoire de 2014, je dis cela à l'attention des centaines de milliers de jeunes qui écoutent mon discours à la radio, en cachette de leurs parents encore nostalgiques de François Mitterrand qui ne fut un grand président que parce que je fus un premier ministre exceptionnel. Il va sans dire que Britanniques et Arabes participèrent en conséquence à la prise de Damas en 1918. L'année suivante, les forces britanniques se retirèrent de la zone, cédant son contrôle aux troupes françaises, soit 18.452 soldats d'infanterie, la cavalerie ayant pris le bateau, plus rapide, plus confortable. Toutefois, les nationalistes syriens, déjà eux, organisés depuis la fin du XIXème siècle, espéraient la création d'une Syrie indépendante, incluant la Palestine et le Liban. Vous me voyez venir ! Le 7 mars 1920, le Congrès national syrien élu en 1919 avec 49 sièges de majorité selon un scrutin proportionnel, proclama unilatéralement l'indépendance du pays qui choisit alors de devenir une monarchie constitutionnelle dirigée par le fils de Hussein, le prince Fayçal, ancêtre d'un certain Hussein Obama, Kenyan réputé pour sa belle foulée de marathonien, grand amateur de fromages hollandais cuits. Effet immédiat de la tournure des événements : en avril 1920, la Conférence de San Remo confirme pu-bli-que-ment, oui, je dis bien pu-bli-que-ment, ce qui est incroyable, les accords Sykes-Picot et le contrôle français de la Syrie et du Liban, qu'elle décide de transformer en mandats rechargeables, lesquels devaient rapidement aboutir, du moins en théorie, ce que le raisonnement cartésien ne pouvait prévoir, faute d'une certaine imagination politique encore inconnue faiblement médiatique et aux temps longs, à l'indépendance des deux territoires, dont les contours seront dessinés par une commission d'études adossée à des sous-commissions aux tâches bien précises. Fayçal décide alors de collaborer avec les Français, mais son ministre de la guerre Youssef al-Azmeh le refuse, source fondamentale d'une rupture à venir lorsque les troupes du général Gouraud arrivent, et défont l'armée menée par Youssef al-Azmeh dans la bataille de Maysaloun en 23 juillet, par 42 degrés Celcius, et entrent à Damas. Fayçal contraint à l'exil, trouve alors refuge en Irak, où il sera couronné en 1921 et jura l'effondrement du "grand projet arabe" qui devait rassembler autour de Damas les terres arabes autrefois placées sous contrôle ottoman... Ces remarques liminaires me permettent donc d'introduire mon sujet..."

De sources bien désinformées, à ce stade de cette brève intervention, 300 députés et sénateurs, frappés de trypanosomiase africaine, ont été hospitalisés d'urgence au Val de Grâce, limitant de facto les possibilités d'un vote au Parlement sur l'intervention irresponsable en Syrie.

#Michel Rocard | #Syrie

 

Correspondant dans le Microcosme

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