article paru le 07-01-2011
correspondance du Médoc
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Alors que plus de 1.200 plaintes ont été déposées aux États-Unis contre les laboratoires Pfizer dont le médicament pour le sevrage tabagique, le Champix, est soupçonné d'être à l'origine de pensées suicidaires et même de passage à l'acte, Victoria Goodchoice, directrice de la communication de Pfizer, défend le bilan du médicament incriminé. "Ces plaintes sont totalement dénuées de tout fondement juridique sérieux", explique-t-elle, "de quoi accuse-t-on le Champix ? D'avoir provoqué des suicides et des trous mémoire. Si c'est bien le cas, nos avocats prouveront sans problèmes que les patients concernés ont soit cessé définitivement de fumer, soit oublié qu'ils étaient fumeurs. Dans les deux cas, l'efficacité de notre médicament est prouvée".
Cette affaire fait aussi réagir en France, où le Champix est autorisé à la vente depuis 2007 et où la récente affaire du Mediator crée un climat délétère autour de la question de l'éthique des laboratoires pharmaceutiques.
Jacques Servier, président des laboratoires éponymes, dénonce "un acharnement incompréhensible contre les laboratoires et contre la médecine en général". Le combatif patron du fleuron de l'industrie pharmaceutique française de souche a par ailleurs insisté sur ce qu'il appelle "la dualité du discours populiste contre la médecine". Il s'explique : "d'un côté, on dénonce les laboratoires, le travail sur les molécules, de l'autre on dénonce aussi les médecins qui ont recours aux méthodes ancestrales. Que faire alors ?".
Il s'agit, on l'aura compris, d'une référence à l'affaire qui a récemment défrayé la chronique en Finlande où un médecin a été condamné à une amende pour avoir utilisé une recette de sa grand-mère ; à savoir qu'il avait tété le sein d'une patiente afin de savoir quel était le liquide qui s'écoulait de sa poitrine.
Quoi qu'il en soit les faits sont là, et Pfizer risque encore de se trouver confronté à d'autres procès dans les semaines qui viennent. Non pour des questions médicales mais, cette fois, pour un contentieux lié à la propriété intellectuelle. En effet, les avocats des très jalouses et tatillonnes éditions Albert-René, dirigées par Albert Uderzo, envisageraient de poursuivre Pfizer en justice, accusant le laboratoire d'avoir nommé Champix son médicament de sevrage tabagique, un nom manifestement emprunté à un héros du village d'irréductibles gaulois.