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Le ralentissement économique : la faute des pauvres

correspondance de Saint Soluteur les Turins
publié le 02-06-2003

Les chefs d'Etats et les experts économiques des huit plus riches pays du monde se sont réunis pour discuter à Evian. Parmi les grands thèmes abordés figure le ralentissement de la croissance économique. Ces discutions sont suivies de très près par les membres de l'OMC, de l'OCDE et de la Banque Mondiale, même si les désaccords entre ces institutions se produisent parfois.

Le marché des pauvres, cause de tous nos malheurs
CC Wikimedia

Un tour de table a permis à chacun des chefs d'Etat de présenter la solution préconisée pour résoudre ce problème. Les USA et la Grande Bretagne ont ainsi exposé leur plan, qui passe par une réduction des coûts de la production énergétique par un contrôle direct des sources d'approvisionnement. La France a exposé son plan de croissance par la relance de la sécurité quotidienne. La Russie a présenté son plan destiné à rendre obligatoire (et non optionnel comme à l'heure actuelle) l'impôt sur les bénéfices des sociétés.

En dépit la grande variété de ces mesures conjoncturelles, les chefs d'Etat se sont accordés sur leur insuffisance, tant que le problème structurel fondamental ne sera pas résolu : la croissance économique est principalement freinée par l'attitude des pauvres.

Les pauvres des pays pauvres devraient travailler pour rembourser l'énorme dette de leur pays, produire des biens agricoles à bas prix, et profiter de l''argent gagné, au cas où il en resterait, pour acheter des téléphones portables, des 4*4 adaptés à des routes mal équipées, des médicament destinés à soigner les maladies faciles à guérir et adopter une attitude qui force leur pays à instaurer des réseaux de diffusion des marchandises propices à l'ouverture de marchés. Au lieu de cela, les pauvres attrapent des maladies extrêmement contagieuses, souvent mortelles, difficiles à guérir, qui les empêchent de travailler et de créer des richesses.

Les pauvres des pays riches, en meilleure santé, ne sont pas plus civiques : ils ne veulent pas travailler, ne veulent rien payer, réclament que leurs enfants reçoivent une éducation, veulent un système de santé capable de soigner tout le monde, et bénéficier encore de bien d'autres services à très faible marge bénéficiaire. En plus un grand nombre d'entre eux exige que cela soit pris en charge par l'Etat avec l'argent de leurs impôts. Bien que personne n'ait jamais réussi à justifier le rôle néfaste de l'Etat et du service public, les plus grands experts s'accordent pour répéter que c'est mal. On le dit depuis vingt ans. Trop de pauvres ne l'entendent toujours pas.

L'évolution de la situation depuis le dernier G8 a montré l'incroyable conséquence de l'irresponsabilité des pauvres (dans les pays riches) et de leurs alliés des classes moyennes : bien qu'ils aient quelques moyens financiers, ils refusent d'acheter des téléphones par satellites, et ne se montrent pas assez intéressés par le téléphone portable de troisième génération. Cela a entraîné dans la débâcle une des plus belles utopies que l'humanité ait jamais connu : la nouvelle économie.

Certains experts ont proposé l'éradication des pauvres. Deux moyens existent : ceux déjà en cours (laisser faire les génocides, maintenir une politique ferme sur les brevets de l'industrie pharmaceutique allant de pair avec une juste privatisation des laboratoires de recherche), ou bien les éradiquer en les enrichissant.

Concernant l'enrichissement des pauvres, aucun chef d'Etat, aucune entreprise ne dispose d'assez d'argent pour atteindre un tel objectif. Ou bien cela se ferait au détriment des budgets engagés pour assurer leur sécurité militaire.

D'après Fox T.Paddle, il ne faut pas trop se formaliser sur l'attitude des pauvres. "C'est vrai qu'ils freinent la croissance" mais "il en faut".

C'est d'ailleurs pour cela que le Président Jacques Chirac, force invitante du sommet du G8, a convié les chefs d'Etat d'une quinzaine de pays pauvres à venir prendre l'apéritif.

Sur l'utilité des pauvres, des études menées par de grands cabinets de consultants ont montré dans une démarche bottom-up et win-win-more que les économies des pays riches peuvent très bien s'accommoder d'une assez large minorité de pauvres, pourvu que des mesures régaliennes assez strictes soient entreprises pour limiter les effets des discordances les plus criantes. Dans son ouvrage intitulé : "vers l'inégalité dans l'équité", le Professeur Bazeloberg a montré que le système peut fonctionner à condition de n'avoir, dans un pays industrialisé riche pas plus de 8% de misérables, 30% de pauvres, et une réduction de ce qu'il appelle les pics de gradient disparitaire dans l'espace territorio-patrimonial en dessous du seuil des 3%. Dans les pays pauvres, une marge plus élevée (pics de 38%) est acceptable.

Que nos lecteurs nous pardonnent, des expressions comme "gradients de disparité", et "espace territorio-patrimonial", peuvent paraître techniques (elles le sont), donc peu claires mais en répétant le principe de contrôle des gradients disparitaires tous les jours dans les médias pendant quelques années, il ne fait aucun doute que ce point de vue (en particulier le maintien à 3%), favorable à la croissance, deviendra l'objet d'un consensus très large parmi les citoyens de la plupart des pays du G8.

#pauvres | #pauvreté | #riches | #ralentissement |

 

Correspondant à Saint Soluteur les Turins

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